mercredi 8 août 2018



Depuis quelques jours, le tout petit monde de la généalogie sur les réseaux sociaux partagent autour des recherches ADN généalogique.

Il y a 3 jours, Guillaume DE MORANT était au coeur d’un reportage au JT du soir de M6. Puis c'est Clément BECLE avant-hier qui publiait un billet sur son blog expliquant sa position très en retenue sur ce sujet, présentant les travers potentiels de ces recherches. En réponse, Sophie BOUDAREL a publié hier un article sur le même sujet, s’ouvrant notamment sur l’information sortie fin Juillet d’un accord entre la société 23andMe et le laboratoire Glaxo SmithKline Beecham sur l’utilisation de certaines données collectées provenant d’utilisateurs ayant donné leur accord à cet usage.

Je ne suis pas un spécialiste de l’ADN, pas plus que de sa déclinaison dans sa part consacrée à la généalogie. Je ne suis pas juriste, ni expert dans les assurances. Je vais donc donner ici mon simple sentiment en tant que simple généalogiste amateur et potentiel client de ces différentes sociétés, celle-ci présentant régulièrement des articles faisant la promotion de leurs offres.

La perspective d’utiliser mon ADN à des fins de recherches généalogiques me plait beaucoup sur le plan théorique. Moi qui comptabilise mes ancêtres, en leur affectant des numéros (Sosa), en les classant par génération, par quartier, en parcourant les moments de leur vie, et en suivant leur migration sur des cartes, pouvoir obtenir de telles informations avec un simple prélèvement salivaire à quelque chose d’incroyablement « magique ». 

Exemple résultat cartographique - iGenea

La promesse de trouver quelques cousins à travers le monde, rien qu’en suivant le fil d’un brin d’ADN semble si simple. Aussi simple que ce que nous offre la technologie actuelle, où plus personne ne s’étonne de faire une visio gratuitement en Skype depuis le Japon avec sa grand-mère restée dans son village en Lozère.

Ca, c’est l’apport, le bénéfice.

Il y a ensuite le risque. Puisque dans chacun de ses choix, de manière consciente ou pas, l’être humain évalue le rapport bénéfice / risque, y compris dans le domaine médical.

Pour moi, le risque se situe principalement à deux niveaux:

Le premier a été abondamment commenté ces derniers jours sur Twitter. Les entreprises actuelles qui commercialisent ces tests ne le font pas par philanthropie. Ce sont des sociétés (la plupart américaines) qui souhaitent en tirer des bénéfices. Certaines sont adossés à des sites généalogiques (comme MyHeritage), d’autres proposent des kits pour la généalogie en parallèle d’offres autour de la santé (comme 23andMe)
Elles ont TOUTES un objectif principal: collecter le plus de données fiables. La donnée (la data en anglais), le pétrole du 21ème siècle. 
Car celui qui possède les données, permet alors de les analyser et d’en tirer tout type d’informations.

Sur le plan philosophique, que 23andMe vendent des données à un laboratoire pharmaceutique, pour que celui-ci les utilise en vue de recherches médicales pour créer de nouveaux vaccins, ou médicaments, j'en suis le premier partisan.
La connaissance du passé doit aussi nous servir pour nous prémunir médicalement dans le futur. Je pense invariablement aux recherches sur la mucovisidose qu’effectue Nadine PELLEN, associée avec plusieurs associations généalogiques

C’est dans le cadre de ces recueils de données que la RGPD (Réglement Général pour la Protection des Données ou GDPR en anglais) est entré en vigueur en Europe depuis le 25 Mai dernier. 

Ce qui me dérange plus, c’est d'imaginer ces mêmes sociétés vendre leurs données à des assureurs par exemple. 
En Novembre dernier, j’ai participé comme bénévole au salon des MICI (Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin) où j’étais chargé de passer les supports de présentation des différentes conférences. Ce qui m’a permis de toutes les écouter. L’une m’avait interpellé sur le thème de la difficulté d’obtention d’un prêt pour les patients atteints de ces maladies. Le montant des surprimes étant si élevé que certains patients mentent en omettant de déclarer la maladie, d’autres se retrouvent dans l’incapacité d’emprunter.
Clément mentionne un souvenir de ces études où l’un de ses professeurs avait eu le malheur d’écrire sur un dossier qu’un patient pouvait être atteint d’une maladie. Mention qui avait pourri toute la vie de ce patient, qui au final, n’avait pas cette maladie mais avait du en payer les conséquences.
Ce cas n’est malheureusement pas isolé, car les assurances fonctionnent également aux bénéfices / risques. C’est pour cela que l’on vous fait remplir un questionnaire de santé, voir passer des examens médicaux. Plus vous êtes en risque, plus votre police d’assurance sera élevé. Ce qui n’est pas illogique non plus.
Imaginons maintenant qu’une grande société d’assurance mondiale arrive à récupérer une partie de vos données génétiques. Là où 23andMe par exemple se vante de pouvoir évaluer vos risques de développer telle ou telle maladie.
Que pensez-vous que fera cette société d’assurance en découvrant que votre ADN contient certains marqueurs que l’on relève sur les personnes atteintes de la maladie de Parkinson ?
Pour moi. Ou mes enfants dans quelques années. Ou mes petit-enfants dans quelques décennies ? Puisqu'ils partageront tous une part de mon ADN.

Bien entendu, on va me rétorquer qu’ils ont des conditions d’utilisation, qui imposent un certain nombre de choses. Il faut juste savoir que les sociétés américaines sont soumises aux lois américaines, partout dans le monde. Elles protégeront les données de citoyens américains si la loi leur impose. Mais probablement pas les données de citoyens d’autres pays à travers le monde (pour rappel, la NSA avait le droit d’écouter les conversations du monde entier, à l’exception des américains situés sur le sol américain. Au final, ils écoutaient tout le monde).

Le second risque que je vois, je l’ai régulièrement cité, mais je ne l’ai pas beaucoup vu lors de nos échanges récents sur Twitter.
Le travail de tout généalogiste amateur est de constituer un arbre (en ascendance, en descendance, sur un nombre de collatéraux particuliers ou pas, sur des branches patronymiques ou autres). Cet arbre se construit aux travers de documents administratifs, attestant là des filiations, là des événements de la vie de nos ancêtres.
C’est un arbre que je vais qualifier d'administratif.

Une des promesse de l’ADN généalogique, c’est de fournir l’ébauche d’un arbre du sang (c'est une image, puisque c'est en réalité un arbre génétique). 
Dans mon cas, l’arbre "administratif" que je constitue pour mes 2 garçons indique qu’à part une petite branche provenant d’Angleterre au 17ème siècle, nous n’avons que de bons paysans français à mettre sur les feuilles de nos arbres.

Une autre promesse de l’ADN généalogique, c’est de pouvoir voir un peu plus loin que les sources habituelles en matière généalogique.

C’est là que je me pose cette question toute bête: Et si je découvre qu’au lieu d’avoir des racines provenant en quasi totalité d’Europe de l’Ouest, j’observe un certain pourcentage provenant d’Afrique du Nord, et un autre d’Europe de l’Est ?

Au final, cela indiquerait surtout que l’adage « Maman sûr, papa peut-être » se vérifie à nouveau. Mais alors faut-il continuer les recherches dans les archives puisqu’au final, une branche complète se trouve en décalage entre l’administratif et le scientifique.
On en revient au même sujet que l’enfant adopté qui souhaite faire son arbre du sang (s’il connait l’un et/ou l’autre de ces parents biologiques) et son arbre de coeur pour ses parents adoptifs.


Je suppose que vous avez compris à ma prose qu’à ce stade, j’évalue qu’un test génétique apporte plus de risques que de bénéfices selon mon point de vue. 
Je serais (ou mon épouse) issu d’une famille multi-culturelle, aux multiples nationalités, avec autant de difficultés à poursuivre des recherches « classiques », le bénéfice irait en s’accroissant. Et j’aurais de facto un autre discours.

C’est donc au niveau des risques que je vais espérer des évolutions. Notamment une évolution de la loi française pour que des laboratoires français puissent proposer de tels tests, tout en garantissant une confidentialité sur le long terme.


PS: si vous aussi, vous vous interrogez, prenez bien soin de lire l'excellent article de @chroniques92 sur le sujet. Au moins, vous pourrez vous lancer dans l'aventure en toute connaissance de cause.





vendredi 3 août 2018



En préambule, afin d’être totalement transparent avec les lecteurs de cet article, je précise, comme je l’ai déjà écrit sur ce blog, que je suis testeur d’Heredis depuis maintenant quelques années. A ce titre, dans le cadre de nos tests, la société Heredis me fait bénéficier d’un accès Heredis Online Premium à titre gracieux.

Mes deux derniers articles ont traité des mouvements en cours entre deux acteurs majeurs du monde généalogiques en France: Filae et Geneanet.
Et sur les très rares échanges que j’ai pu lire, une question semble revenir: faut-il supprimer son arbre en ligne (en l’occurence de Geneanet pour les deux cas que j’ai en tête) ? Avec l’argument suivant: Geneanet fait de l’argent avec les données de nos arbres, et il se permet de nous faire payer nos abonnements.

Tordons tout de suite le cou à une idée reçue qui revient de manière récurrente sur les forums ou les réseaux sociaux (à la manière des houx et autres fake news à la mode), Geneanet (pas plus que Filae, Heredis ou Geneatique) ne vend pas les données de nos arbres. La preuve, j’ai bien accès à des centaines de millions de données issues d’arbres publiés, alors que je ne souscris plus à l’abonnement Premium depuis maintenant 2 ans, faute de temps pour l’utiliser réellement.
Ce que vend Geneanet, comme ses concurrents, ce sont des services. Des modules de recherches  plus complets, des accès à de nombreuses indexations (comme par exemple, l’Etat-Civil français pour Filae) et beaucoup d’autres informations. Tant de possibilités que les Editions Archives et Cultures ont publié des ouvrages complets dédiés à certains de ces sites. 



Pour Filae, il y a toutefois une différence de taille, car sauf erreur de ma part, lorsque l’on souhaite consulter des informations trouvées sur Filae, il faut impérativement passer par un accès payant ou bien demander l’accès à l’arbre. Il n’y a aucune consultation gratuite libre sans demande d’accès.

Pour rester sur les sites de publication français, Heredis (via Heredis Online) et Geneatique (via geneatique.net) fonctionnent sensiblement comme Geneanet, avec un accès libre aux arbres publiés, et un service payant pour avoir accès à un module de recherche plus complet (et des fonctions complémentaires). C’est donc bien des services que l’on achète ici aussi.

Pour en revenir au questionnement précédent : faut il supprimer son arbre de Geneanet ? Je réponds: surtout pas. En tout cas, il est hors de question que je le fasse.

Et ce pour plusieurs raisons:

Les ancêtres de mon arbre ne sont pas UNIQUEMENT MES ancêtres. 
Ce sont également les ancêtres de milliers (suivant la génération où ils se trouvent) d’autres personnes. Ils ne m’appartiennent donc pas.

Ce qui m’appartient à la rigueur, c’est le travail qu’il m’a fallu effectuer pour construire cet arbre et reconstituer toutes les filiations, en y incorporant les événements et autres faits qui ont parsemé la vie de ces ancêtres.

Là encore, je ne peux certainement pas revendiquer la paternité totale de ce travail. En effet, cette recherche a largement été facilitée par:

  • Les recherches généalogiques faites par le cousin germain de mon père sur ma branche auvergnate
  • Les fantastiques outils mis en place par le CG22 (Corail Net, Milinet, Censonet etc…), avec lesquels j’ai pu construire le squelette de mes branches bretonnes à la vitesse de l’éclair
  • La masse de documents trouvés par de nombreux cousins croisés lors de mes recherches, et plus particulièrement Jérome CAOUEN, membre très actif du CGHP et qui lui aussi empli la bibliothèque numérique de ce cercle avec patience
  • Les arbres en ligne de Geneanet et Heredis, soit par recherche directe, soit via des alertes


Et surtout, les arbres que l’on publie contiennent autant de bouteilles à la mer qui permettent à tout moment de superbes découvertes. J’ai relevé une belle démonstration il y a seulement quelques jours sur Twitter (vous noterez la remarque de @PV_Archassal sur l'importance d'avoir son arbre publié).
Sans cet arbre en ligne, comment faire un tel rapprochement entre une photo ancienne et des ancêtres disparus  pour un autre généalogiste ?


Donc de grâce, publiez, publiez, publiez. Sur des sites marchands, auprès des cercles généalogiques et partout où vous le pouvez. 

Et tant que nous sommes sur les conseils de publication: avec les sources, c'est encore mieux.




jeudi 26 juillet 2018



J’ai rédigé il y a quelques jours un article au titre interrogatif : Est ce que Geneanet est en train de racheter Filae ?

Cet article a semblé intéresser un peu de monde car en quelques jours, il est devenu l’article le plus lu de ce modeste blog. Je restais toutefois dubitatif, car je n’avais pas vu d’autres informations sur le sujet, que cela soit sur Geneanet, Filae ou des revues spécialisés comme la Revue Française de Généalogie.
Jusqu’a ce soir (à l’heure où je rédige ce billet pour être publié), puisque la RFG vient de publier un article au nom évocateur : vers un rapprochement entre Geneanet et Filae ?
On y retrouve surtout quelques phrases des deux présidents de Geneanet et Filae.
Pour le premier, il s’agit principalement d’une opportunité puisque l’un des actionnaires de Filae souhaitait se séparer de ses actions. Coût de l’opération: 2,4 millions d’euros. Cela en dit long sur la capacité d’investissement de Geneanet et Trudaine Participations.

Pour le second, cette entrée du principal concurrent comme actionnaire apparait comme la validation de la stratégie mis en place par Filae depuis quelques années. D’un autre coté, pouvait il dire autre chose ?

Jacques Le Marois (président de Geneanet) laisse espérer un éventuel rapprochement, en faisant profiter par exemple les utilisateurs de Geneanet des fonds disponibles sur Filae.  

Un sujet à suivre en tout cas, car finalement peu a été dit sur le sujet. J’ai peine à croire que certaines idées ne trottent pas derrière la tête de Geneanet.

Je regardais il y a quelques jours un sujet ouvert sur le forum de Geneanet (dans le Coin Bistrot) traitant du sujet, j’ai découvert le site ActuLegales, qui reprend l’ensemble des annonces légales concernant la vie des entreprises. Le lien fourni renvoyait vers la création de l’entreprise Trudaine Participations, le 10 Avril 2018 au capital social de 1 000 euros, et dont le siège social se situe au 9 rue du Quatre Septembre, à Paris dans le 2ème arrondissement avec Mr Philippe RAMONA comme Président.

J’ai eu la curiosité de lancer une recherche sur ce même site au nom de Geneanet. Petite surprise, on y découvre une annonce en date du 28 mars 2018, soit une toute petite quinzaine de jours avant la création de Trudaine Participations (dont Geneanet possède 30%).
Cette annonce concerne une réduction de capital de la société Geneanet de 179 986 € par voie de remboursement d’une somme de 0,08 € sur chaque action. Le capital social passe donc de 224 983 € à 44 996 € à cette date.
Il m’est souvent arrivé de lire des articles sur des augmentations de capital pour des entreprises, mais rarement l’inverse.

La question qui m’est alors venue, c’est pourquoi une entreprise réduit t-elle son capital ? 

N’étant pas analyste financier, ni spécialiste en gestion d’entreprise, je me suis tourné vers des sites institutionnels pour répondre à cette question.
Il est distingué généralement deux cas : cette réduction du capital peut être motivée par des pertes, ou pas.

Le problème à ce stade est que Geneanet ne publie plus son bilan depuis des années. Impossible donc de connaitre les causes de cette réduction de capital. Mais quand on lit que Trudaine Participations (détenue à 30% par Geneanet) est capable de mettre 2,4 millions sur la table, on peut surement imaginer que les résultats annuels doivent dégager quelques profits.

Dans le cas de perte, il existe également une technique dite du « coup d’accordéon ». Il est d’abord procédé à une réduction du capital, pour apurer des pertes comptables. Puis une seconde étape consiste en une augmentation de capital pour faire entrer de nouveaux investisseurs dans la société. Est ce le cas ici ?

Jetons un petit coup d'oeil à présent sur la société Trudaine Participations. On l’a vu ci-dessus, son président en est Philippe RAMONA. A priori, pas de rapport direct avec Geneanet.
Sauf que MM Le Marois (Président de Geneanet) et Ramona (Président de Trudaine Participations) sont tous les deux vice-présidents de l’association Geneabank, bien connu des généalogistes, membres d’associations généalogiques, puisque bon nombre d’entre elles déposent leurs relevés afin que leurs adhérents puissent y accéder, voir les échanger contre des points Geneabank. C’est ce qui est en tout cas indiqué sur la page du site en ligne.


Beaucoup de spéculations à ce stade, mais surtout des questions en suspens. Il ne reste plus qu’à surveiller la presse spécialisée dans les prochains mois, car malheureusement, il semble que les informations ne viendront pas directement des sociétés concernées elles-mêmes.

Cela fait un moment que nous discutons entre blogueurs sur une éventuelle concentration dans le monde de la généalogie française. Et j'ai bien l'impression que cela a démarré.


samedi 14 juillet 2018


Je suis présentement à Montréal pour le travail, mais j'ai découvert il y a quelques jours une information qui semble être passée totalement inaperçue dans le petit monde de la généalogie française, alors que les répercussions peuvent être potentiellement importantes pour nos usages au quotidien.

Je l'avoue, le titre de cet article est un poil provocateur, mais n'est ce pas le début de ce qui serait un sacré événement dans le petit monde de la généalogie francophone ?

VS 


D'un côté, Geneanet, premier portail généalogique en France (et probablement en Europe), proposant la plus grande base indexée d'individus. On m'opposera qu'il y a des millions de recopies, mais il faut bien reconnaître que l'immense majorité des généalogistes faisant des recherches sur la France passe forcément par Geneanet.

De l'autre, Filae (ex Genealogie.com), à l'image moins policée parmi la communauté des généalogistes, principalement en raison de ses relations tendues avec les Archives Départementales qu'elle n'a pas hésité à attaquer en justice pour leur imposer une mise à disposition de leurs archives.
Sans parler de l'indexation quasi complète de l'Etat Civil proposée par Filae, qui a été perçue par certaines Archives et certains Cercles Généalogiques comme un vol pur et simple de leurs données. Je ne relancerais pas le débat ici, ce n'est pas le propos (même si, au regard strict de la loi, il n'y a pas eu de vol).

Quelle ne fut donc pas ma surprise il y a 4 jours quand j'ai découvert cette information sur Internet : la société Filae a vu la société Trudaine Participations entrer à son capital à hauteur de 25% (source : Zonebourse).

Quel rapport avec Geneanet, me direz-vous ? Il est tout simple: la société Trudaine Participations appartient à 30% à Geneanet. D'ailleurs, lors de la dernière Assemblée Générale de la société Filae, qui s'est tenu le 28 Juin dernier, c'est Jacques LE MAROIS, fondateur et PDG de Geneanet, qui représentait la société Trudaine Participations.

Malheureusement, il n'a pas été répondu aux questions des autres actionnaires présents, qui souhaitaient probablement connaître les intentions de Geneanet. Comme l'en atteste le communiqué de presse de Filae sorti en début de semaine (vous pouvez lire l'intégralité du communiqué en cliquant sur le lien)

Communique de Presse - Société Filae - 9 Juillet 2018


Que faut il donc penser de cette entrée au capital de Filae ?


Pour ma part, je ne vois pas trop d'autre possibilité qu'un début de rachat de Filae par Geneanet.

En matière de bases de données généalogiques, la France est assez particulière. Dans le monde, quelques mastodontes existent comme Ancestry ou MyHeritage, mais qui ont bien du mal à s'implanter en France, probablement en raison du maillage important déjà réalisé par les cercles généalogiques et les indexations existantes.
Un acteur un peu particulier avec Family Search, aux capacités humaines et financières sans commune mesure par rapport aux autres, mais qui ne fait pas commerce de ces services, les recherches généalogiques étant liées à la pratique religieuse des membres de l'Eglise des Saints des Derniers Jours (autrement dit: les Mormons)
En France, le marché est un peu plus disparate. Avec des bases aux fonctionnements différents. Je ne citerais que celles dont j'ai entendu parler, la liste ne saurait être exhaustive.
Geneanet et Filae sont probablement les deux plus grandes bases privées en France. Suivie par Heredis Online et Geneatique.net (des éditeurs éponymes). On peut également citer Bigenet, service payant fourni par la Fédération Française de Généalogie.
Entre le gratuit et le payant, il y a notamment Geneabank, qui recense les relevés des cercles généalogiques partenaires. L'accès à cette base fonctionne par des points, offerts aux adhérents des cercles lors de leur adhésion.
Puis des bases gratuites, comme la base Roglo.

Une concentration entre les acteurs privés n'est finalement pas une surprise, au vu de la concurrence, notamment anglo-saxonne. La question n'était pas tant de savoir si, mais plutôt quand cela allait arriver.
Le client sort généralement gagnant à court terme, puisque l'on peut imaginer que les clients des deux sociétés pourraient profiter des services complets, en déboursant moins que la somme des deux abonnements.
A plus long terme, cela dépend toujours de la concurrence qui sera présente.
Une trop grande dispersion n'est pas intéressante pour le client, car il faut beaucoup payer pour avoir tous les services. Le monopole ne l'est pas plus car il freine généralement l'innovation, faute justement de concurrence.

J'ai tout de même deux interrogations au moment d'achever cet article :
  • Pourquoi une telle information ne semble même pas faire parler ? Je n'ai rien vu passer sur la presse spécialisée, sur les forums que je fréquente, sur les réseaux sociaux, à l'exception de quelques échanges sur Twitter.
  • Comment se passerait un rapprochement entre les deux sociétés, ayant chacune une philosophie affichée bien différente l'une de l'autre ? Filae s'est toujours présenté comme une société commerciale généalogique. Geneanet se montrant plus comme un acteur associatif. Une entrée, perçue comme agressive par Filae semble plutôt relever du fonctionnement très classique des sociétés privées.

Il reste maintenant à suivre le développement de ce rapprochement dans les prochaines semaines ou prochains mois pour savoir exactement ce qui attend les clients de ces deux sociétés.
Nul doute que la presse spécialisée se fera l'écho des informations à venir.

samedi 23 décembre 2017


Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais à lire de nombreux échanges sur les réseaux sociaux, je ne dois pas être la seule victime de l'un des maux du siècle : la Procrastination

Depuis 2-3 ans, j'ai pris la (mauvaise) habitude de stocker mes recherches Geneabank dans une section dédiée sur mon espace OneNote. Recherches liées à un couple où j'ai pris les mariages, décès et naissances des enfants du couple.

Le symptôme m'est bien connu. Je me suis lancé sur une recherche durant le week-end. J'ai exécuté quelques recherches sur Geneabank, je copie le résultat sur une page Onenote et décide de m'atteler à la recherche des actes durant la semaine à venir.
Vous connaissez déjà le résultat. Le travail, la famille, les amis, et toutes les autres distractions qui m'amènent à remettre à un temps futur la recherche de ces dits actes.

Cet état de fait m'a donné une petite idée pour 2018.

OneNote - Recherches Département des Côtes d'Armor
Comme vous pouvez le voir, j'ai numéroté chacune de mes pages sur les recherches sur les Côtes d'Armor. Et coup de chance, j'ai un peu plus d'une cinquantaine de pages à traiter. A l'aube d'une année, qui, de manière très étonnante, compte 52 semaines.
Vous me voyez donc arriver avec mes gros sabots.

En tache de fond de mes recherches pour l'année 2018, je vais tenter de traiter chaque semaine l'une de mes pages en attente. Le risque étant bien entendu de me laisser entrainer sur des nouvelles recherches associées et donc de décaler dans le temps, mais ce n'est pas bien grave.

Je ne prendrais pas l'engagement de rédiger un article chaque semaine sur chacun de mes couples car je me connais, je n'arriverais pas à le tenir. Mais qui sait, quelques articles pourraient sortir à l'occasion.




samedi 4 novembre 2017


Me voici par cet après-midi pluvieuse à entrer quelques informations généalogiques dans mon arbre. Et qui m'amène à une petite énigme que je vous soumets, même si j'indiquerais pour ma part mon hypothèse.

J'ai dans mon arbre, un couple de Sosa en génération 10 : Jean MENOU et Catherine BRIAND


Jean est né le 2 Janvier 1700 à Plounévez-Moëdec, dans les Côtes d'Armor. Catherine est elle originaire de Trégrom, une commune limitrophe. Elle y nait le le 17 Juin 1706.

De leur union nait à ma connaissance 7 enfants.
Marguerite en Janvier 1735 à Tregrom.
Charles et Jean, des jumeaux, nés en Février 1737 à Plounévez-Moëdec
Suivent sur la même commune
Jeanne le 8 Novembre 1738 (ma sosa)
Isabeau le 13 Janvier 1740
Yves le 17 mars 1741
Et Christophe le 6 Février 1743

Ce dernier est orphelin de père puisque Jean décède à Plounévez-Moëdec le 18 Septembre 1742.

Vous l'aurez compris, j'ai un problème avec Charles.
Charles est donc né avec son jumeau Jean le 2 Février 1737 à Plounévez-Moëdec. Les relevés en ligne du CG22 m'indique qu'un Charles MENOU, fils de Jean et Catherine BRIAND décède à Plounévez-Moëdec le 29 Juillet 1740 âgé d'environ 3 ans. Voici son acte de décès dans la salle virtuelle des AD22 (page de gauche en bas).

Mon Charles est donc décédé en 1740, fin de l'histoire.

Pas vraiment. Mon problème est que Charles MENOU s'est marié. En 1762. Non loin de là, à Louargat, avec Marguerite LE TARLARER.

Mariage Charles MENOU et Marguerite LE TARLARER - AD22 - 5 Mi 291 - Vue 198

La filiation de Charles y est clairement indiqué (comme sur les bans sur les pages précédentes), ses parents sont Jean MENOU et Catherine BRIAND. Sa sœur Marguerite BRIAND est d'ailleurs présente à ce mariage.

A ce stade, je vois plusieurs hypothèses:
Le petit Charles est bien décédé à l'age de 3 ans. Son frère Jean, fils de Jean, n'aurait il pas repris ce prénom d'usage (ou plutôt les parents ne lui aurait il pas donné) ?

Il me manque un second Charles. Mais avec un mariage en Février 1734, les plages potentielles sont faibles.
J'ai cherché une naissance sur Tregrom ou Plounévez-Moëdec sur 1736 et sur la période Novembre 1737 - Mars 1738. Rien.

J'ai donc un faible pour ma première hypothèse. A moins que vous en ayez une autre.


mercredi 20 septembre 2017


Il y a 3 ans, je vous avais présenté brièvement un outil bien pratique Microsoft ICE qui permet facilement de recomposer une image qui a été prise en plusieurs vues.

Avec la sortie d'Heredis 2018 et sa saisie par acte pour les fiches matricules, je me retrouve à souhaiter réutiliser cette fonction. Je vous propose donc une remise à jour sur ce sujet, avec de nouvelles copies d'écran, car l'application a bien évolué, y compris graphiquement.
Je vous ajoute à la fin de cet article une vidéo réalisée par Microsoft expliquant quelques nouvelles fonctionnalités de cette version 2, mais je vais me restreindre ici à une application purement généalogique, le recoupement d'images.

Je pars donc de la fiche matricule de Joseph BOGROS, né en 1865 à Bourg-Lastic dans le Puy de Dôme. C'est mon AAGP.

Comme vous pouvez le voir, j'ai la possibilité d'afficher l'image dans sa totalité, mais pas l'enregistrer en tant que telle. Si je veux une image complète par une "impression" écran, j'aurais bien l'image globale, mais elle sera trop petite pour être correctement traitée.


Je décide donc d'agrandir l'image et d'enregistrer chacune de ces parties.
Pour l'exemple, j'ai volontairement "forcé" le trait en découpant l'image totale en 10 parties. Pour la récupération faite hier, sur mon écran 27'', 3 parties suffisent.

J'enregistre donc mes 10 éléments et les stocke sur mon disque dur.



Je lance Microsoft ICE sur mon PC et je vais sur New Panorama from Images (Point 1). L'explorateur Windows s'ouvre et je retourne sur le dossier dans lequel j'ai copié mes images à recomposer (Point 2)


J'arrive donc à l'étape 1 (Import) qui est de fait déjà réalisée. Si je m'apercois qu'il manque une image, je peux encore cliquer sur Add images pour en ajouter.
Ce n'est pas mon cas, je bascule sur l'étape 2 "Stitch"

Microsoft ICE se lance alors dans l'opération de recomposition de l'image. Une fois finalisée, j'obtiens le résultat suivant



Comme on peut le voir, en recomposant l'image, il récupère des parties extérieures puisque mon découpage n'était pas parfait.

Je peux donc passer à l'étape 3 "Crop", qui revient à rogner l'image pour la rendre parfaitement droite.Vous pouvez le positionner en modifiant le cadre, ou bien utiliser la fonction d'auto-completion qui viendra remplir automatiquement les morceaux manquants.



Arrivé à cette étape, vous avez terminé. Vous cliquez ensuite sur 4 Export et vous allez sélectionner l'endroit où vous souhaitez enregistrer le fichier résultat (dans le menu de droite, vous avez "Export to disk").

De 10 fichiers d'un poids total de 2,26 Mo, j'obtiens un unique fichier, parfaitement lisible de 1,17 Mo.


L'application est disponible gratuitement sur le site de Microsoft dédié à la partie Recherche.

Et une vidéo présentant d'autres possibilités.



Bonne (re) découverte

jeudi 7 septembre 2017


Mon article précédent sur l'évolution de la gestion des sources dans ma généalogie a entrainé quelques questions, tant sur Twitter que par mail. Et après quelques échanges, autant en faire un nouveau billet qui pourra aider éventuellement quelques lecteurs.

Je vais notamment expliciter comment je suis passé en mode citation, et donner quelques conseils d'usage sur la Saisie par Acte d'Heredis pour éviter la génération malencontreuse de citations (ou de sources si on reste en mode Simple dans Heredis 2018) sur des événements.

Le passage en mode Complet pour les Sources



Dans Heredis 2017, j’avais les informations suivantes au niveau de la note de l’événement (je reprends ici l'exemple de la naissance de Jean Marie LARMET)

Événement Naissance de Jean-Marie LARMET - Onglet Détails - Heredis 2017
Et celles-ci au niveau de la source

Événement Naissance de Jean-Marie LARMET - Onglet Sources - Heredis 2017

Lors du passage en mode Citation avec Heredis 2018, c’est le commentaire (dans l'onglet Sources) qui devient le titre de la Citation. Ma problématique était que je voulais que ce soit les informations de ma note qui y soit : EC Bourbriac (1839 - 1844) - 5 Mi EC 420 - Vue 276 / 473


Un ami testeur m’a donc fait une requête qui m’a permis de copier la note de l’événement dans le commentaire de la source. De manière globale et pour tout dire brutale.

Explications sur la brutalité de la méthode:

  •  Si dans la note de l’événement, il y a plus d’informations (une transcription par exemple), une partie va se retrouver également dans le titre de la citation. Je dis en partie car s’il y a un retour à la ligne dans le texte contenu dans la note de l’événement, la suite après ce retour à la ligne n’est pas reprise.
  • Autre écueil, cette copie se fait sur le commentaire de TOUTES les sources d’un même événement.
Ces considérations ne m’ont pas bloqué, car en l’état de mes travaux, j'ai très peu d'impact (j’ai notamment pris l'habitude de sauvegarde l’information type EC Bourbriac (1839 - 1844) - 5 Mi EC 420 - Vue 276 / 473 + le lien dans le commentaire du média. Je parle ici du fichier .jpg


Zone Commentaire du fichier image de l'acte de naissance de Jean-Marie LARMET

Astuces sur la saisie par acte

Thomas (@PharmaBebert) envisageait d'abandonner la création de la citation sur TOUS les événements en fin de saisie par acte et de ne l'ajouter qu'à l'événement principal, car le titre de ma citation ne contient pas d'information sur l'événement associé (ici 1842 - N - Jean-Marie LARMET)

Pour ma part, je déconseille d’abandonner l’option "Affecter la source à tous les événements". Car sinon, il va se créer des domiciles, et autres types d’événements sans source (en l’occurrence citation), ce qui pour moi est un trou pour des recherches futures (et une hérésie).

Plutôt que de faire cela, je conseille plutôt de faire le nécessaire en amont lors de l’utilisation de la saisie par acte (jusqu’à ce que Heredis corrige ces points).

Je prends l’exemple de l’acte de mariage de Jean DUPONT avec Jeanne DURAND. J’ai DÉJÀ l’acte de naissance de Jean DUPONT dans mon fichier. Lorsque je le sélectionne dans la saisie par acte pour éviter le doublon, Heredis me rapatrie la date et le lieu de naissance.
Si je ne fais rien, la citation correspondant à mon acte de mariage va se trouver dans l'onglet Sources de l’événement Naissance de Jean DUPONT, même si la date de naissance n'est pas présente sur l'acte de mariage
Dès lors, je supprime la date et le lieu de naissance de Jean DUPONT dans la Saisie par acte pour éviter justement cet ajout intempestif.

Même chose dans un second exemple. Dans cette même saisie par acte de mariage, Heredis me demande si je veux ajouter les parents de Jean DUPONT (qui sont également dans mon fichier). Je réponds oui, car les parents ne sont pas indiqués comme décédés dans l'acte de mariage de leur fils et je souhaite par conséquent créer leur domicile s'il est indiqué.
Si dans Heredis, j’ai déjà les actes de décès de ces deux parents, alors par défaut, Heredis va m’ajouter la citation de l’acte de mariage à leur événement décès dans l'onglet Sources. (on voit le décès apparaitre dans la partie Résumé qui est à droite dans l'exemple ci-dessous).
 
Saisie par Acte - Mariage - Gestion des parents
Ma pratique : on voit dans l'écran de saisie ci-dessus que la présence des parents est non précisée (tiens d’ailleurs, il y a une faute !). Et pourtant, le décès des deux apparait dans le Résumé (à droite).

Pour l’un et l’autre des parents, je vais changer la valeur dans la liste de Présence (en prenant absent par exemple), puis je repasse en non précisé (puisque c’est la réalité sur mon acte de mariage). Seule différence, on voit bien que le décès n’est plus associé. Et donc la citation ne viendra pas s’ajouter aux événements de décès respectifs des deux parents.



Dès lors, mes citations ne s’ajoutent réellement qu’aux événements que J’AI choisi de faire créer lorsque j’utilise la saisie par acte (une naissance calculée pour les témoins, un domicile etc…)

Si vous avez aussi des astuces à partager, n'hésitez pas à en faire part dans les commentaires.

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