dimanche 10 mars 2019


Dans le cadre de mon objectif G10, j'arrive aux derniers ancêtres à trouver. Forcément les plus compliqués. Le cas de Vincent Coatantiec (ou Coantiec) en est un.

Avant toute chose, voici une carte précisant les 4 communes qui seront évoquées dans cet article.

Carte Kerien et communes voisines - OpenStreetMap


Vincent est le père de Jean-François, mon sosa n°114 en génération 7, faisant de lui mon sosa 228.
Il est l'époux de Françoise Kermouse (ou Kermoux) avec qui il aura au moins 7 enfants.

J'ai l'acte de naissance pour 5 de ces enfants, sur la commune de Kerien (Côtes d'Armor):
  • Jean-Louis, né le 15 Septembre 1799
  • Maurice, né le 22 Janvier 1806
  • Jean-François donc, né le 23 Février 1807
  • Marguerite, née le 30 Juin 1809
  • et Pierre, né le 6 mars 1811

Pierre est très probablement le dernier enfant puisque Françoise Kermouse décède le 24 mars 1812, toujours à Kerien.

Je connais l'existence de deux autres enfants par le mariage ou le décès de ces derniers.

  • Louis, dont le mariage en 1833 avec Marie Yvonne CADIOU, donne Vincent et Françoise Kermouse comme ses parents et sa naissance le 10 Février 1800, à Bourbriac, une commune située à une dizaine de kilomètres. Sauf que je ne trouve pas de naissance autour de cette date, tant sur Bourbriac que Kerien.
  • Marie, qui décède en 1838. Elle est la fille de Vincent et Françoise Kermouse, et l'épouse de Guillaume Le Contellec. L'âge sur son acte de décès lui donne une naissance aux alentours de 1805. Là, également, je n'ai pas de trace de cette naissance, tant sur Kerien que les communes voisines.

Vincent, lui, vivra 40 ans après son épouse Françoise. Je retrouve sa trace dans les registres à partir de 1836, sur les 4 recensements de 1836 à 1851.
En 1836, il vit avec son fils Jean François, son petit-fils Vincent Le Contellec (le fils de Guillaume et Marie Coatantiec, sa fille), ainsi que 2 domestiques.
En 1841, 1846 et 1851, il vit chez son fils Jean-François, qui en 1836 a épousé Marie Françoise Georgelin dans le lieu-dit Kersaliou d'en haut.

Recensement Kerien - 1841 - AD 22 - http://sallevirtuelle.cotesdarmor.fr/LN/lnx/consult.aspx?image=131165390954086

Il décède à Kerien le 14 janvier 1852. Son fils est le déclarant, et son acte de décès indique que ses parents sont Yves Coatantiec et Marguerite Thoraval. C'est ce que j'ai dans mon logiciel Heredis, depuis le 13 Septembre 2009, date à laquelle j'avais intégré l'acte de décès de Vincent.

Et c'est bien là que le bat blesse. Quand je lance une recherche sur ce couple Yves et Marguerite en recherche de couple grâce à Corail Net, le résultat est sans appel: rien

Et ça, c'est très peu habituel. Ce moteur de recherche arrive toujours à me trouver un décès quelque part ou un mariage, pour un enfant du couple. J'ai bien entendu tenté des recherches avec d'autres prénoms approchant, mais toujours rien.
De plus, je n'ai aucun Yves Coantantiec ou de Marguerite Thoraval comme témoins à la naissance des enfants (un signe qu'ils seraient morts avant ?).
Au décès de Vincent, son épouse Françoise est elle-même décédée 40 ans auparavant. Dans l'hypothèse où les parents de Vincent sont morts avant la naissance de ses enfants, il est très probable que son fils Jean-François n'ait qu'une vision très approximative de cette filiation.
Ce qui m'a d'ailleurs paru étrange dans cette recherche, c'est que la mère présumée de Vincent se nomme Marguerite Thoraval. Or, c'est également le nom et le prénom de la mère de Françoise Kermouse. Cette seconde grand-mère est décédée en 1818, Jean-François l'a donc connu. Aurait il fait un amalgame ? C'est ce que je pense.

Une autre hypothèse s'ouvre alors à moi: et si les parents indiqués dans l'acte de décès de leur fils Vincent n'étaient tout simplement pas les bons.

Le premier enfant de Vincent et de Françoise Kermouse que j'ai pu trouvé est né en 1799, le 25 fructidor de l'an 7 précisement. Malheureusement pour moi, les années révolutionnaires 3, 4, 5 et 6 sont en lacunes dans la salle virtuelle des Côtes d'Armor.
Il est très probable qu'ils se sont mariés sur cette période et que j'aurais pu y trouver ici confirmation (ou pas) de mon hypothèse car les parents auraient été cités.

Mon salut (car oui, je pense avoir trouvé la solution durant la rédaction de cet article) vient de la fratrie. En réalité du frère de Vincent, Louis Coatantiec.

Voici le déroulé de mon raisonnement:
En 1838, au décès de Marie Coatantiec (vue plus haut), fille de Vincent et Françoise Kermouse, est présent Louis Coatantiec, 56 ans, oncle de la défunte. Il s'agit donc très probablement du frère de Vincent, et il serait donc né aux alentours de 1782.
Vincent, d'après son âge aux différentes naissances de ses enfants, doit être né aux environs de 1779.

Louis Coatantiec est également témoin à la naissance de 4 des 5 enfants de Vincent que j'ai pu retrouver. A chaque fois, l'âge sur l'acte correspond à une naissance de Louis vers 1782-1783.

Puisque je n'ai pas pu trouver l'acte de mariage de Vincent et Françoise Kermouse, peut-être que celui de Louis pourrait faire mon affaire.

En 1812, à Maël-Pestivien, un Louis Coantiec (Coatantiec) épouse Marie Le Cam. Ce Louis est né le 10 Décembre 1783 à Kerien (ça sent bon), de Henri Coantiec et Marguerite Peillet.
Est présent comme témoin au mariage: Vincent, frère de Louis, âgé de 33 ans, donc né aux alentours de 1779 (ça commence à sentir très bon).
Et également présent comme témoin, François Coantiec, 40 ans, demi-frère de Louis.

1812 - Acte de mariage de Louis Coantiec et Marie Perrine Le Cam - Maêl-Pestivien - AD22 - http://sallevirtuelle.cotesdarmor.fr/EC/ecx/consult.aspx?image=090025479170567

Lancement d'une nouvelle recherche dans Corail Net pour le couple Henri Coatantiec et Marguerite Peillet et cette fois-ci, les résultats tombent:

Naissance d'un fils pour ce couple, prénommé Vincent en 1779 (Yes !)
Naissance d'une fille Françoise en 1782 et d'un Louis en 1783 (re Yes !).

Henri et Marguerite se sont mariés en 1776. Henri est veuf de Marie Anne Le Diouron. Qu'il a épousé en 1775, l'union n'aura duré que 14 mois.
Mais Marguerite Peillet est en réalité la 3ème épouse d'Henri.
Le 28 Novembre 1766, Henri Coatantiec a épousé Marguerite Le Moal à Pont-Melvez. Ils auront plusieurs enfants, dont François, qui, à son mariage en 1800, a 31 ans. Il aurait donc bien une quarantaine d'années en 1812 au mariage de son demi-frère Louis.

Cette recherche me semble suffisamment fiable pour que les différents éléments puissent être ajoutés à mon arbre.
Et elle me confirme une réflexion :
Une recherche généalogique qui se base exclusivement sur les sosa est vouée tôt ou tard à l'échec. Il faut a minima s'intéresser aux fratries. Car les témoins au naissance et/ou décès, les parrains/marraines sont bien souvent des membres de ces fratries. Et donc de précieux indices dans nos recherches d'ancêtres.

Il me reste à présent à traiter la multitude d'actes que j'ai pu trouver pour les intégrer dans ma généalogie.

PS: le mariage d'Henri Coatantiec et Marguerite Peillet est filiatif pour cette dernière, et le premier d'Henri avec Marguerite Le Moal l'est également. J'ai donc trouvé 4 nouveaux ancêtres manquants pour ma Génération 10.





vendredi 22 février 2019


Beaucoup d'actes de nos ancêtres ne le sont pas, alors pourquoi parler de celui-ci et pas d'un autre ?

Je vais vous parler de Geneviève Le Provost, la sosa n°503 de mes deux garçons. De ce que j'ai pu trouver pour le moment, Geneviève est la seconde fille du couple Rolland et Françoise Guegan, qui se sont unis à Kerien, petite bourgade costarmoricaine au sud de Guingamp, en 1735.

Elle a une sœur ainée, Anne, née en 1737, deux ans avant elle. Suivront 4 autres enfants, dont un enfant mort-né.

Elle se marie en 1757, elle a 17 ans. Son mari Yves Lelias en a 3 de plus. De leur union, j'ai dénombré au moins 7 enfants. De Pierre, né un an après leur mariage, jusqu'à Jean né lui en 1774. En passant par Anne, née 4 ans avant, sosa 251.

Descendance de Geneviève Le Provost et Yves Lelias


Pour l'instant, me direz-vous, il n'y a rien d'extraordinaire.

Sauf que je ne trouvais pas l'acte de décès de Geneviève. J'avais bien trouvé celui de son mari, en 1782, dans la commune voisine de Pont-Melvez, mais rien pour son épouse.

Lancement d'une recherche de décès pour Geneviève Le Provost sur la base du CG22 Corail-Net sur une plage d'années assez large et sur une plage de communes aussi large: rien.

C'est lorsque je me suis attaqué à ses parents et à ses frères et sœurs que j'ai finalement trouvé le décès, mais pas tout de suite. Vous allez comprendre pourquoi.

Corail Net dispose d'une fonction redoutable: la recherche par couple. Vous saisissez le nom et le prénom des deux conjoints, la commune (ou celles aux alentours), une plage de date (jusqu'à 100 ans) et bing, Corail vous renvoie:
- l'acte de mariage des conjoints
- la naissance de tous les enfants
- les mariages des enfants où les parents sont cités
- les décès des enfants où les parents sont cités.

J'en ai rêvé ? Vous connaissez la suite.

Me voila donc à saisir dans mon logiciel préféré les différents actes trouvés par ce merveilleux moteur de recherche. Je procède généralement à la saisie des événements dans l'ordre que j'ai indiqué plus haut.
Jusqu'au décès d'un Sylvestre Le Provost, décédé en 1812 à Plougonver (une commune limitrophe de Pont-Melvez)

Kerien - Pont-Melvez et Plougonver - Source : OpenstreetMap


Je me dis "tiens, étonnant, je n'ai pas l'acte de naissance de ce Sylvestre". Ni un éventuel mariage. Les lacunes, cela arrive, voila donc un nouveau garçon pour Rolland et Françoise.

Je trouve sans difficulté l'acte proprement dit dans la salle virtuelle des AD, et c'est là que je tombe sur un os. Il s'agit bien de l'acte de décès de Sylvestre Le Provost (d'ailleurs, l'officier d'état-civil l'a bien renoté dans la marge), mais Sylvestre est la FILLE de Rolland et Françoise Guegan.
Et ce Sylvestre est la VEUVE d'Yves Lelias.
Et le déclarant pour ce décès se nomme Yves Godest, déclaré gendre de Sylvestre.

Anne Lelias, fille d'Yves et de Geneviève a épousé en premières noces Pierre Le Meur, sosa n°250. En 1809, elle épouse en secondes noces, devinez qui ? : Yves Godest.

Pas de doute, ce Sylvestre est forcément ma Geneviève Le Provost. J'ai bien lancé quelques recherches, mais tous les sites que j'ai pu consulter donne bien Sylvestre comme un prénom masculin.
Comment ma Geneviève est devenue Sylvestre sur ce registre, je pense que je n'aurais jamais la réponse.

Mais affublée d'un tel prénom, il aurait été bien compliqué de retrouver parmi les indexations le décès de Geneviève.

Acte de décès de Sylvestre aka Geneviève Le Provost - AD Côtes d'Armor - 5 Mi EC 1196 - Vue 108 / 274


mercredi 30 janvier 2019


Il y a quelques jours, Elodie DEZAT rédigeait un billet sur les citations des sources, s'interrogeant pour savoir si le mieux était bien l'ennemi du bien.



En préambule, je spécifie que je travaille sur Heredis (2019) en mode complet pour la gestion des sources. Cela veut dire que je peux utiliser le module des citations. Et j'écris bien que je peux. En aucun cas que je ne dois. Je suis d'accord avec Elodie, le mieux ne doit pas être l'ennemi du bien.
Je précise également avec des sources génériques. Qui me semble d'ailleurs le plus conforme à la norme gedcom.
A savoir qu'une source, c'est un registre, et dans mon cas, un groupe de registres pour une commune donnée. La citation correspond alors à l'acte proprement dit.

Pour être plus clair (une image valant mille mots), je vous propose un exemple de saisie que je fais très régulièrement pour traiter un acte de décès, de baptême ou d'union, pour montrer que je n'ai au final pas de travail supplémentaire pour avoir une citation que je considère comme acceptable.

Je vais traiter pour cela l'acte de naissance de Guillaume LE HEOUL (ou LE HEOL), fils de François et Jeanne GUILLERMIC, né le 28 aout 1763 à Louargat (Côtes d'Armor).

La récupération du média depuis le site des Archives

J'effectue toujours une copie des médias sur mon disque dur. Une fois trouvé l'acte à traiter, je l'enregistre sur mon disque dur en indiquant, la date, le type d'acte, le nom de l'individu (ou d'un couple pour une union ou d'une famille pour un recensement) et les côtes du document

Dans mon cas, je vais avoir : 1763 - N - Guillaume LE HEOUL - AD22_5MI_0291_0248.jpg
 
Acte de naissance de Guillaume LE HEOUL - 1763 - AD Côtes d'Armor - 5 Mi 291
 Note: je sais, je ne précise pas la commune !

La saisie de l'acte

 
J'ouvre Heredis et j'active la fonction Saisie par acte / Baptême. J'ajoute le média qui est stocké sur mon disque dur (ce qui a pour effet de faire une copie dans le fichier Heredis) et je démarre ma saisie

Je passe directement à l'onglet Enfant. En effet, utilisant des sources génériques, les onglets Registre / Acte et Source ne me sont d'aucune utilité.



J'y saisis les prénoms et nom de l'enfant (attention aux éventuels doublons). Les dates et lieux de naissance/baptême, la subdivision si indiquée (pour le lieu dit par exemple), et une éventuelle note (par exemple s'il avait été ondoyé à la naissance.

Puis je passe aux onglets du Père et de la Mère. J'y indique les noms de François LE HEOL et Jeanne GUILLERMIC. Etant déjà présents dans mon fichier, je prends bien garde d'aller les sélectionner dans mon fichier pour éviter les doublons.
Je spécifie que François réside à Louargat, et je coche la case "Domicile commun avec le père" dans l'onglet Mère

Je saisis les parrains / marraines dans l'onglet éponyme. Je saute les onglets Témoins (il n'y en a pas ici) et Officiant religieux (choix personnel), puis j'indique que le père (présent), le parrain et la marraine ne savent signer.
Comme le document ne porte pas d'informations complémentaires, je passe également sur cet onglet.

Je clique alors sur Valider et je bascule dans l'écran de Vérification des données


Je vérifie les données (par exemple les notions de signature) et je bascule sur la partie Source.
Comme je fonctionne en source générique pour les BMS et EC, je vais sélectionner "Utiliser une source existante" et je choisis ici la source correspondant à Louargat - Registres Paroissiaux et Etat-Civil"

Je décide d'affecter cette source à tous les événements que ma saisie va créer.
Et dans le commentaire, je porte les éléments suivants :
1763 - N - Guillaume LE HEOUL - BMS Louargat (1758 - 1771) - 5 Mi 291 - Vue 248 / 635 - http://sallevirtuelle.cotesdarmor.fr/EC/ecx/consult.aspx?image=051734341431775

Je reporte l'année, le type d'acte et le nom de l'individu concerné. Je spécifique qu'il s'agit ici du registre numérisé des années 1758 à 1771 pour la commune de Louargat, la côte et le lien vers l'image.

Puis je valide.

Résultat des courses

J'ai créé 3 actes dans Heredis:
Les actes de naissance et de baptême de Guillaume LE HEOUL et l'acte de domicile sur Louargat pour les parents.

Les 3 événements portent la même citation, ie le commentaire que j'ai saisi plus haut.



Pour chacun de ces événéments, j'ai donc une date, un lieu, une source et une citation complète qui me donne la côte et le lien (ici malheureusement pas un permalien) vers l'image en ligne.

Cette saisie est vraiment rapide (quelques minutes suivant le volume d'informations à saisir et la lisibilité de l'acte). Et apporte une information complète et fiable, à la fois pour moi et pour mon lecteur comme l'indique la copie d'écran de l'acte de baptême en ligne après publication



J'espère que je vous aurais convaincu que saisir une citation pour chaque événement majeur n'est finalement pas si compliqué à réaliser.



samedi 19 janvier 2019


J'ai lancé il y a un peu plus de 3 ans mon objectif G10. Après quelques mois assez actifs, ce sujet est passé au second plan. Puis au troisième...etc.
C'est au moment de l'écriture de mon bilan 2018 expliquant surtout ce que je n'avais pas fait durant l'année que j'ai repris la résolution d'avancer sur cet objectif G10. Pour combien de temps ? Nous le verrons bien.

Au départ de ce projet, 26 ancêtres étaient manquants sur ma génération 10, dont 2 en raison de la méconnaissance de mon seul ancêtre manquant sur la génération 9.

Depuis le début de mes recherches sur ce projet, 16 ancêtres ont été trouvés.

Et maintenant un dix-septième, puisque je viens de trouver la mère de François CADIOU, grâce à une recherche des plus classiques.

Rappel des faits (oui, je sais, cela fait très "enquête policière"):

Son épouse, Marie LE HEOL est décédé à Tréglamus (Côtes d'Armor) en 1813. Il est présent. Donc vivant. Malheureusement, pas de trace de son décès sur Tréglamus dans les années qui suivent.



De ce couple, j'ai déjà trouvé 7 enfants, tous nés à Louargat. Pourquoi n'ai je pas cherché l'acte de mariage dans les années qui ont précédé la naissance de leur première fille, en 1789 ? Cela reste un grand mystère.
Car sans surprise, j'ai trouvé l'année précédente, plus précisément le 22 avril 1788, leur acte de mariage sur cette commune. Mariage filiatif pour l'époux, comme pour l'épouse.

François est décédé dans une commune voisine, Pédernec, en 1824. Mais pour ce décès, c'est bien une Marie qui est indiqué comme épouse, mais pas comme veuf. Car François s'est en effet remarié en 1814, quelques mois à peine après le décès de sa première épouse avec Marie JEZOU, veuve elle-même de Joseph PIRIOU.

Finalement, rien d'étonnant à cette histoire. Un simple généalogiste qui avait oublié de faire une recherche triviale, et qui trouve la réponse facilement 3 ans après. Pas de quoi vraiment rédiger un article.

Si ce n'est un petit détail amusant. En effet, lorsque j'ai sélectionné dans mon logiciel Marie JEZOU, fille de Jacques JEZOU et Mathurine LE BARZIC, la seconde épouse de François CADIOU, non seulement une fiche existait déjà, mais le petit personnage la représentant dans Heredis avait une tête jaune. Signe que Marie est une sosa dans mon arbre.

L'histoire est en fait toute simple.

Mai 1813, Marie LE HEOL décède. Son époux, François CADIOU se retrouve avec au moins 4 enfants âgés entre 10 et 18 ans.
Du coté de Marie Jezou, c'est deux mois avant, en mars que son époux, Joseph PIRIOU décède et la laisse avec des enfants en bas age dont une enfant de 2 ans.

Il est assez naturel dans nos campagnes françaises de retrouver moins de 6 mois après l'union de ces deux veufs avec des enfants.
Parmi eux, Pierre Yves, fils de Marie JEZOU, qui a 22 ans au remariage de sa mère et Anne, fille de François CADIOU, qui a 25 ans.


François CADIOU et ses deux épouses - En rouge les enfants respectifs, deux fois sosa

Est ce le fruit d'une rencontre ou bien les nouveaux parents les ont ils poussé dans les bras l'un de l'autre pour arranger le ménage (et la conservation des quelques biens dont ils disposaient) ? L'histoire ne le dira probablement jamais.

Voila en tout cas mon 17ème sosa manquant trouvé. Je repars à la recherche des suivants. L'enquête continue.

 Note du 19 janvier: j'ai rédigé mon billet dans les tous premiers jours de l'année avec une programmation pour le 10 janvier. Ayant fait une dernière modification et oublié de le reprogrammer, ce n'est qu'aujourd'hui que ce billet est publié. Le sujet redevient à la mode puisque Elodie  et Sacrés Ancêtres en ont parlé dernièrement



dimanche 30 décembre 2018


Dimanche 30 Décembre 2018 : le réveillon de la St Sylvestre arrive à grands pas et tous les généablogueurs vont faire leur bilan de l'année et prononcer leurs bonnes résolutions pour l'année à venir.

Le premier que j'ai lu est celui de Sophie Boudarel publié il y a peu. Et Sophie ne prend qu'une seule bonne résolution pour 2019 : arrêter de chercher !

Cela tombe bien, c'est ce que j'ai fait en 2018. 


Comme je l'avais expliqué dans ce billet publié le 23 Décembre 2017, j'avais pris l'habitude de stocker mes recherches Geneabank sur le CG22 dans OneNote.
Les adhérents du CG22 connaissent surement cette fonction de Corail Net : la recherche par couple.

Les noms et prénoms d'un couple, une plage de date, une localité et Corail Net vous renvoie alors:
  • le mariage du couple
  • les naissances de tous leurs enfants
  • les mariages de ces derniers si les parents y sont mentionnés
  • les éventuels décès d'enfants
  • et celui du couple si le conjoint est indiqué

Car comme Sophie, je tente d'intégrer, dans ma généalogie, mes sosas bien sur, mais aussi chacun de leurs enfants (et conjoints), car très souvent ceux-ci sont les parrains/marraines des enfants de la génération suivante

Au fil du temps, plus d'une cinquantaine de pages s'étaient accumulées et avec elles, le manque de temps pour les traiter, trop occupé que j'étais à suivre les alertes que me renvoyaient Geneanet et Heredis Online.  
Plus que de la recherche proprement dite, c'était à une overdose de résultats potentiels que j'étais confronté.
Comme je n'avais que quelques heures à consacrer à la généalogie chaque semaine, j'avais déjà pris la décision un an avant d'arrêter temporairement mon abonnement Geneanet.

Que s'est il donc passé en 2018 ?

A l'heure de refermer le livre de cette année, la cinquantaine de pages est devenue une petite dizaine (et j'espère encore la réduire d'une ou deux d'ici demain soir).
Sachant bien entendu qu'une bonne vingtaine de pages complémentaires se sont ajoutées au cours de l'année.

Alors certes, j'ai accumulé beaucoup de nouveaux individus (frères et soeurs de mes sosas, mais aussi parrain et marraine pour les baptêmes, témoins lors des mariages...), mais là n'était pas l'objectif.

J'ai surtout retrouvé du temps pour m'attaquer enfin à ce que je repoussais depuis des années : la recherche d'actes notariés, notamment dans le Puy de Dôme.
Pour cela, j'ai eu l'immense chance de tomber sur une généalogiste, proche des AD qui m'a d'ores et déjà envoyé plus d'une dizaine de contrat de mariage et autres documents que je commence à intégrer (doucement) dans mon fichier (merci Chantal !).

Petit exemple avec un inventaire conservatif de 1700 pour Jean Tartry

Inventaire conservatif pour Jean TARTRY - AD63 - Archives Notariales Me DESORTIAUX - 5 E 80 3


J'ai donc pris connaissance avec beaucoup de plaisir les deux articles que Sophie et Brigitte viennent de rédiger sur le sujet:
Comment transcrire un acte notarié : ma méthode pragmatique
Un résumé pour les actes notariés

(Brigitte, je pense que je vais te piquer ton modèle de résumé)

Voilà qui va me faire encore avancer dans ma généalogie car je me fatigue seul à vouloir absolument faire une transcription à 100% des actes. L'essentiel reste bien d'en extraire la substantifique moelle, si chère à François Rabelais.

Et pour 2019 ?

Je viens de renouveler mon abonnement pour les deux cercles auxquels j'adhère depuis des années maintenant (CG22 et CHHP). Je vais continuer d'ouvrir de temps en temps (mais pas trop) les alertes envoyées par Heredis Online.

Je vais surtout poursuivre autour des actes notariés et autres types d'actes. Depuis maintenant 10 ans à construire le squelette de mon arbre, il est grand temps de lui mettre un peu de chair.
Deux sources s'offrent à moi: les archives notariales des AD63, et la bibliothèque numérique du CGHP qui regorge d'informations sur nombre de mes ancêtres.

Je vais surement lancer quelques recherches sur des couples avec Corail Net, autant d'heures de saisies à prévoir.

Je ne vais rien ajouter de plus car je sais pertinemment que je ne pourrais en faire plus.
Rendez-vous dans un an pour voir ce qui aura été réalisé.


PS: en regardant l’aperçu de ce billet, j'observe que mon camembert du projet G10 n'a pas bougé depuis ... longtemps. A suivre en 2019.



mercredi 26 décembre 2018


Je vais le dire franchement, mon année généalogique 2018 aura été très autocentrée. Le peu de temps que j'ai consacré à la généalogie l'a été pour mes propres recherches. Quatre petits articles à peine sur mon blog, une quasi désertion des réseaux sociaux.


Une petite désertion qui est totalement liée à l'ambiance générale qui y règne.

Je le précise d'emblée, ce petit billet n'est pas un pamphlet pour ou contre tel ou tel groupe social ou politique. Inutile de venir "troller" les commentaires.

J'ai créé il y a quelques années maintenant un compte sur Facebook et un autre sur Twitter, au nom de Jimbo Généalogie pour suivre mon activité préféré et les personnes qui s'y intéressaient. Rien de plus.

Coté Facebook, très vite, des amis d'amis ont commencé à m'envoyer des invitations à jouer à des jeux en ligne....qui ne m'intéressaient pas. Un léger agacement à commencer à poindre au vu de cette "pollution" de mon réseau social.
Puis sur Facebook comme sur Twitter, ont commencé à arriver les messages politiques, qu'ils soient de droite, de gauche, des extrêmes, du centre, du haut, du bas et de je ne sais où encore.
Mon agacement a commencé à ne plus être si léger. Car comme dans tout bon repas de famille, dès que l'on commence à aborder les sujets polémiques (politique, religion...), cela vire très vite à la foire d'empoigne. Et je ne suis pas le dernier à me laisser embarquer, je dois aussi le confesser.

Il y a les différents scandales liés à Facebook, Cambridge Analytica et consorts. Et tous ceux qui ne manqueront pas d'arriver. Je ne suis pas dupe, et je pars du principe que toute information que je dépose sur ces réseaux sociaux pourra être utilisée.
Il y a les fake news, si chères au président Etatsunien qui sont maintenant monnaie courante. Et qui me font désespérer parfois du bon sens du genre humain.
Il y a toutes ces personnes qui n'ont pas eu de job, car on leur a ressorti un tweet écrit il y a des années. Les réseaux sociaux interdisent ce que même la justice autorise: le droit à l'oubli, ainsi que celui de dire des âneries.

Et surtout l'anonymat qui permet à tout un chacun d'écrire ce qu'il n'oserait jamais dire à quelqu'un en face (et encore, quand il arrive à l'écrire dans une langue qui s'apparente à du français. Je sais cela fait peut-être très prétentieux, mais j'aime quand notre langue est écrite à peu près correctement. Et je ne doute pas avoir fait quelques fautes dans le présent texte. Vous pouvez tout à fait me les signaler.)

Alors j'ai pris une résolution toute bête. Depuis 2 semaines, j'arrête de suivre toutes les personnes qui postent plus sur ces sujets polémiques que sur la généalogie. Chacun a le droit d'avoir ses opinions politiques et de les relayer au plus grand nombre s'il le souhaite. Mon choix personnel est au contraire de ne pas les connaître.
Mon mur Facebook a fait une sacrée cure d'amaigrissement et quelques comptes Twitter ne sont plus suivis, mais ma tension me remercie.

D'ici quelques semaines, je ferais le bilan. La seule chose qui me fait conserver un compte Facebook, ce sont les quelques groupes d'entraide régionaux. Mais je ne suis pas loin de le supprimer purement et simplement.

J'ai un peu plus d'affectation pour mon compte Twitter. Finalement, quand on est limité à 144 caractères (oui, je sais, plus maintenant), on pèse ces mots et on écrit peut-être moins de c..., euh de bêtises. Moi le premier. ;-)


mardi 11 septembre 2018



La rentrée est là, Heredis 2019 aussi. Petit tour d'horizon des nouveautés qu'apporte cette nouvelle version.

La première va se trouver dès l'installation de votre logiciel, puisque votre licence est désormais adossée à votre compte Heredis Online (votre compte client chez Heredis).
Rassurez vous, même si votre connexion Internet n'est pas active, vous pouvez tout de même utiliser votre logiciel, dans toutes ses fonctionnalités.

Une fois n'est pas coutume, je vais commencer par quelques améliorations de fonctions déjà existantes.

Tout d'abord, techniquement, les versions Mac et PC continuent leur rapprochement (mais ce n'est pas encore terminé).
Pour la version PC, le codage en UTF-8 est désormais pris en compte. UTF-8, mais kezaco ? C'est un codage informatique qui sert à la prise en charge de tous les caractères. Très concrètement, Heredis PC ne gérait pas du tout les caractères non européen, comme le cyrillique ou l'alphabet grec  par exemple. C'est désormais chose possible.

Pour la famille XXL, apparue dans la précédente version, il est désormais possible d'afficher une génération supplémentaire (à ceux qui auront un écran assez grand) avec les arrière-petits enfants. Et de créer un conjoint ou un enfant pour le personnage central directement depuis cet écran.
Parmi les nouvelles options, il y a également la possibilité de masquer les silhouettes (H/F) positionnées par défaut, ainsi que les images.
C'est du design, mais pour ceux qui aiment produire rapidement un arbre un peu étendu à imprimer à destination de leur parentèle, cela peut se révéler bien pratique.

Famille XXL - Ajout Conjoint et Enfant - Heredis 2019

Les résumés (aka biographie) ont été revu sur les deux plateformes, avec une possibilité étendue de paramétrage pour afficher ou masquer certaines parties.

Les cartes intégrées (OpenStreetMap) connaissent également des ajouts avec de nouveaux fonds, ainsi que la délimitation des communes désormais visibles

Carte OpenStreetMap - Heredis 2019

Je termine par une amélioration que j'attendais depuis un moment sur le Saisie par Acte: la possibilité d'affecter directement les médias à l'événement que je suis en train de créer. Cela se passe dans la partie Vérification avant création des événements. Vous avez également la possibilité d'ajouter le résumé, soit dans la source ou la citation (note ou transcription), soit dans la note de l'événement. Voila une action de moins à faire pour moi pour les prochaines centaines (milliers ?) d'utilisations de la saisie par acte.



Dernière petite amélioration que je vais citer, l'affichage du média principal d'un individu dans la palette Résumé. Cela peut paraître anecdotique, mais lorsque vous êtes sur une saisie par acte par exemple, en train de saisir les témoins, et vous avez un Jean DUPONT qui signe. Cela vous facilite grandement la tache si, comme moi, vous avez saisi la signature des quelques Jean DUPONT qui sont déjà dans votre arbre (si tant est que certains d'entre eux signent). Vous pouvez les distinguer et choisir le bon parmi tous les homonymes.

Il y a bien entendu bien d'autres améliorations, plus ou moins grandes, suivant les demandes des utilisateurs. Tout comme des corrections des anomalies signalées par les utilisateurs et dont je n'ai pas la liste exhaustive.

Tout cela, c'est bien beau, mais un peu court pour faire une nouvelle version. Balayons maintenant les nouveautés. Vous pouvez également les retrouver dans la vidéo mise en ligne par Heredis.

Elle était attendue depuis un moment, mais elle tardait à arriver: les recensements via la Saisie par Acte.

Elle est un peu plus complexe à utiliser car les masques varient pour les différentes années, rien que pour la France. Puisque sont également disponibles des modèles pour les Etats-Unis, la Belgique, le Luxembourg et la Suisse (que je n'ai pas testé).
Premier changement par rapport aux autres grilles de Saisie d'après un acte, les onglets permettant de saisir toutes les informations ne sont plus verticaux, mais horizontaux. Cela m'a dérouté au début, mais ergonomiquement, à la verticale, cela aurait surement eu du mal à passer.
La sélection du pays et de l'année préremplit les zones qui apparaitront à la saisie. A vous de les amender suivant le registre que vous avez sous les yeux

Saisie des informations - Recensement - Heredis 2019

Un onglet Source si vous souhaitez créer une source spécifique
Puis les deux onglets Ménage où vous allez pouvoir ajouter l'intégralité des membres du foyer, puis Liens familiaux pour indiquer le type de relation entre les membres du foyer.

C'est LA nouveauté qui va m'intéresser le plus. Même si la seconde va surement rencontrer un bon succès auprès des utilisateurs.

Les listes paramétrables

Grenouillant sur les forums d'Heredis depuis un moment, les utilisateurs pestaient en nombre contre les listes d'individus, jamais assez complètes.
Désormais, il est possible de se créer ses propres listes, avec le contenu que l'on souhaite. Tous les champs d'Heredis sont disponibles

Liste paramétrable - Heredis 2019
Pour ajouter un élément, vous cliquez sur le + (1), vous sélectionnez le groupe (2) dans lequel vous pensez trouver les informations qui vous intéressent, puis vous les cochez (3).

Je n'ai pas choisi cette copie d'écran au hasard. Je suis sur que Brigitte (@Chronique92) sera ravi de voir que les listes issues d'Heredis avec des lieux peuvent être complétés de la latitude et la longitude de ces lieux. Bien pratique pour un export de liste lorsque l'on créé sa propre cartographie.


Vous souhaitez avoir plusieurs champs dans une même colonne ? Pour cela, utilisez le menu qui s'affiche en cliquant sur les 3 petits points à droite de chaque colonne. Vous pourrez éditer le contenu de la colonne en ajoutant des informations et en choisissant les séparateurs (tiret, deux-points etc...).



Bien entendu, à l'issue de cette création, vous pouvez enregistrer votre modèle et le réutiliser autant qu'il vous plaira.

La troisième nouveauté est un ajout sur l'arbre d'ascendance. Un nouveau paramétrage qui permet d'ajouter un bandeau de couleur sur chacun des ascendants, en fonction du lieu de naissance de l'individu. Et en faire ainsi un Arbre de Région. Cet affichage pouvant être modulé soit par Ville, Département, Région ou Pays.
Pour l'exemple, j'ai choisi l'affichage par Ville, car le choix par département n'aurait renvoyé qu'une seule et même couleur, toutes les communes étant situées dans les Côtes d'Armor pour l'ascendance de ma grand-mère maternelle.

Heredis - Arbre de région

J'ai relu la conclusion que j'avais écrite l'an dernière à la même époque pour la sortie d'Heredis 2018. Elle n'avait pas été dithyrambique, car très honnêtement, après un an d'utilisation, mon intuition était la bonne, je n'utilise réellement que la saisie par acte des fiches matricules.

Je place la version 2019 un peu au dessus. Il y a bien entendu la saisie par acte des Recensements qui va être bien utilisée durant ces prochains mois. Les listes paramétrables me seront également très utiles, mais si je ne les lancerais pas tous les jours.
L'ajout du média automatique dans la Saisie par Acte parait anecdotique, mais elle me fera gagner quelques secondes à chaque saisie et c'est la fonction que j'utilise le plus. Il ne reste plus qu'à apporter les dernières corrections à cette fonction de saisie par acte pour qu'elle devienne parfaite.

La possibilité de discriminer des homonymes avec l'affichage du média principal (avec la signature dans mon cas) me fera aussi gagner du temps au quotidien.

Heredis a produit une vidéo de promotion de cette version. Vous le trouverez normalement sur ce lien.



Pour savoir si cette version peut vous intéresser, téléchargez la version de démonstration (gratuite), et lancez la conversion sur une copie de votre fichier. Il vous sera alors possible de naviguer et découvrir ces fonctionnalités.
Si vous souhaitez essayer la saisie des référencements, créez un fichier vide, la saisie est possible jusqu'à 50 individus.

Bonne découverte à tous.

mercredi 8 août 2018



Depuis quelques jours, le tout petit monde de la généalogie sur les réseaux sociaux partagent autour des recherches ADN généalogique.

Il y a 3 jours, Guillaume DE MORANT était au coeur d’un reportage au JT du soir de M6. Puis c'est Clément BECLE avant-hier qui publiait un billet sur son blog expliquant sa position très en retenue sur ce sujet, présentant les travers potentiels de ces recherches. En réponse, Sophie BOUDAREL a publié hier un article sur le même sujet, s’ouvrant notamment sur l’information sortie fin Juillet d’un accord entre la société 23andMe et le laboratoire Glaxo SmithKline Beecham sur l’utilisation de certaines données collectées provenant d’utilisateurs ayant donné leur accord à cet usage.

Je ne suis pas un spécialiste de l’ADN, pas plus que de sa déclinaison dans sa part consacrée à la généalogie. Je ne suis pas juriste, ni expert dans les assurances. Je vais donc donner ici mon simple sentiment en tant que simple généalogiste amateur et potentiel client de ces différentes sociétés, celle-ci présentant régulièrement des articles faisant la promotion de leurs offres.

La perspective d’utiliser mon ADN à des fins de recherches généalogiques me plait beaucoup sur le plan théorique. Moi qui comptabilise mes ancêtres, en leur affectant des numéros (Sosa), en les classant par génération, par quartier, en parcourant les moments de leur vie, et en suivant leur migration sur des cartes, pouvoir obtenir de telles informations avec un simple prélèvement salivaire à quelque chose d’incroyablement « magique ». 

Exemple résultat cartographique - iGenea

La promesse de trouver quelques cousins à travers le monde, rien qu’en suivant le fil d’un brin d’ADN semble si simple. Aussi simple que ce que nous offre la technologie actuelle, où plus personne ne s’étonne de faire une visio gratuitement en Skype depuis le Japon avec sa grand-mère restée dans son village en Lozère.

Ca, c’est l’apport, le bénéfice.

Il y a ensuite le risque. Puisque dans chacun de ses choix, de manière consciente ou pas, l’être humain évalue le rapport bénéfice / risque, y compris dans le domaine médical.

Pour moi, le risque se situe principalement à deux niveaux:

Le premier a été abondamment commenté ces derniers jours sur Twitter. Les entreprises actuelles qui commercialisent ces tests ne le font pas par philanthropie. Ce sont des sociétés (la plupart américaines) qui souhaitent en tirer des bénéfices. Certaines sont adossés à des sites généalogiques (comme MyHeritage), d’autres proposent des kits pour la généalogie en parallèle d’offres autour de la santé (comme 23andMe)
Elles ont TOUTES un objectif principal: collecter le plus de données fiables. La donnée (la data en anglais), le pétrole du 21ème siècle. 
Car celui qui possède les données, permet alors de les analyser et d’en tirer tout type d’informations.

Sur le plan philosophique, que 23andMe vendent des données à un laboratoire pharmaceutique, pour que celui-ci les utilise en vue de recherches médicales pour créer de nouveaux vaccins, ou médicaments, j'en suis le premier partisan.
La connaissance du passé doit aussi nous servir pour nous prémunir médicalement dans le futur. Je pense invariablement aux recherches sur la mucovisidose qu’effectue Nadine PELLEN, associée avec plusieurs associations généalogiques

C’est dans le cadre de ces recueils de données que la RGPD (Réglement Général pour la Protection des Données ou GDPR en anglais) est entré en vigueur en Europe depuis le 25 Mai dernier. 

Ce qui me dérange plus, c’est d'imaginer ces mêmes sociétés vendre leurs données à des assureurs par exemple. 
En Novembre dernier, j’ai participé comme bénévole au salon des MICI (Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin) où j’étais chargé de passer les supports de présentation des différentes conférences. Ce qui m’a permis de toutes les écouter. L’une m’avait interpellé sur le thème de la difficulté d’obtention d’un prêt pour les patients atteints de ces maladies. Le montant des surprimes étant si élevé que certains patients mentent en omettant de déclarer la maladie, d’autres se retrouvent dans l’incapacité d’emprunter.
Clément mentionne un souvenir de ces études où l’un de ses professeurs avait eu le malheur d’écrire sur un dossier qu’un patient pouvait être atteint d’une maladie. Mention qui avait pourri toute la vie de ce patient, qui au final, n’avait pas cette maladie mais avait du en payer les conséquences.
Ce cas n’est malheureusement pas isolé, car les assurances fonctionnent également aux bénéfices / risques. C’est pour cela que l’on vous fait remplir un questionnaire de santé, voir passer des examens médicaux. Plus vous êtes en risque, plus votre police d’assurance sera élevé. Ce qui n’est pas illogique non plus.
Imaginons maintenant qu’une grande société d’assurance mondiale arrive à récupérer une partie de vos données génétiques. Là où 23andMe par exemple se vante de pouvoir évaluer vos risques de développer telle ou telle maladie.
Que pensez-vous que fera cette société d’assurance en découvrant que votre ADN contient certains marqueurs que l’on relève sur les personnes atteintes de la maladie de Parkinson ?
Pour moi. Ou mes enfants dans quelques années. Ou mes petit-enfants dans quelques décennies ? Puisqu'ils partageront tous une part de mon ADN.

Bien entendu, on va me rétorquer qu’ils ont des conditions d’utilisation, qui imposent un certain nombre de choses. Il faut juste savoir que les sociétés américaines sont soumises aux lois américaines, partout dans le monde. Elles protégeront les données de citoyens américains si la loi leur impose. Mais probablement pas les données de citoyens d’autres pays à travers le monde (pour rappel, la NSA avait le droit d’écouter les conversations du monde entier, à l’exception des américains situés sur le sol américain. Au final, ils écoutaient tout le monde).

Le second risque que je vois, je l’ai régulièrement cité, mais je ne l’ai pas beaucoup vu lors de nos échanges récents sur Twitter.
Le travail de tout généalogiste amateur est de constituer un arbre (en ascendance, en descendance, sur un nombre de collatéraux particuliers ou pas, sur des branches patronymiques ou autres). Cet arbre se construit aux travers de documents administratifs, attestant là des filiations, là des événements de la vie de nos ancêtres.
C’est un arbre que je vais qualifier d'administratif.

Une des promesse de l’ADN généalogique, c’est de fournir l’ébauche d’un arbre du sang (c'est une image, puisque c'est en réalité un arbre génétique). 
Dans mon cas, l’arbre "administratif" que je constitue pour mes 2 garçons indique qu’à part une petite branche provenant d’Angleterre au 17ème siècle, nous n’avons que de bons paysans français à mettre sur les feuilles de nos arbres.

Une autre promesse de l’ADN généalogique, c’est de pouvoir voir un peu plus loin que les sources habituelles en matière généalogique.

C’est là que je me pose cette question toute bête: Et si je découvre qu’au lieu d’avoir des racines provenant en quasi totalité d’Europe de l’Ouest, j’observe un certain pourcentage provenant d’Afrique du Nord, et un autre d’Europe de l’Est ?

Au final, cela indiquerait surtout que l’adage « Maman sûr, papa peut-être » se vérifie à nouveau. Mais alors faut-il continuer les recherches dans les archives puisqu’au final, une branche complète se trouve en décalage entre l’administratif et le scientifique.
On en revient au même sujet que l’enfant adopté qui souhaite faire son arbre du sang (s’il connait l’un et/ou l’autre de ces parents biologiques) et son arbre de coeur pour ses parents adoptifs.


Je suppose que vous avez compris à ma prose qu’à ce stade, j’évalue qu’un test génétique apporte plus de risques que de bénéfices selon mon point de vue. 
Je serais (ou mon épouse) issu d’une famille multi-culturelle, aux multiples nationalités, avec autant de difficultés à poursuivre des recherches « classiques », le bénéfice irait en s’accroissant. Et j’aurais de facto un autre discours.

C’est donc au niveau des risques que je vais espérer des évolutions. Notamment une évolution de la loi française pour que des laboratoires français puissent proposer de tels tests, tout en garantissant une confidentialité sur le long terme.


PS: si vous aussi, vous vous interrogez, prenez bien soin de lire l'excellent article de @chroniques92 sur le sujet. Au moins, vous pourrez vous lancer dans l'aventure en toute connaissance de cause.





vendredi 3 août 2018



En préambule, afin d’être totalement transparent avec les lecteurs de cet article, je précise, comme je l’ai déjà écrit sur ce blog, que je suis testeur d’Heredis depuis maintenant quelques années. A ce titre, dans le cadre de nos tests, la société Heredis me fait bénéficier d’un accès Heredis Online Premium à titre gracieux.

Mes deux derniers articles ont traité des mouvements en cours entre deux acteurs majeurs du monde généalogiques en France: Filae et Geneanet.
Et sur les très rares échanges que j’ai pu lire, une question semble revenir: faut-il supprimer son arbre en ligne (en l’occurence de Geneanet pour les deux cas que j’ai en tête) ? Avec l’argument suivant: Geneanet fait de l’argent avec les données de nos arbres, et il se permet de nous faire payer nos abonnements.

Tordons tout de suite le cou à une idée reçue qui revient de manière récurrente sur les forums ou les réseaux sociaux (à la manière des houx et autres fake news à la mode), Geneanet (pas plus que Filae, Heredis ou Geneatique) ne vend pas les données de nos arbres. La preuve, j’ai bien accès à des centaines de millions de données issues d’arbres publiés, alors que je ne souscris plus à l’abonnement Premium depuis maintenant 2 ans, faute de temps pour l’utiliser réellement.
Ce que vend Geneanet, comme ses concurrents, ce sont des services. Des modules de recherches  plus complets, des accès à de nombreuses indexations (comme par exemple, l’Etat-Civil français pour Filae) et beaucoup d’autres informations. Tant de possibilités que les Editions Archives et Cultures ont publié des ouvrages complets dédiés à certains de ces sites. 



Pour Filae, il y a toutefois une différence de taille, car sauf erreur de ma part, lorsque l’on souhaite consulter des informations trouvées sur Filae, il faut impérativement passer par un accès payant ou bien demander l’accès à l’arbre. Il n’y a aucune consultation gratuite libre sans demande d’accès.

Pour rester sur les sites de publication français, Heredis (via Heredis Online) et Geneatique (via geneatique.net) fonctionnent sensiblement comme Geneanet, avec un accès libre aux arbres publiés, et un service payant pour avoir accès à un module de recherche plus complet (et des fonctions complémentaires). C’est donc bien des services que l’on achète ici aussi.

Pour en revenir au questionnement précédent : faut il supprimer son arbre de Geneanet ? Je réponds: surtout pas. En tout cas, il est hors de question que je le fasse.

Et ce pour plusieurs raisons:

Les ancêtres de mon arbre ne sont pas UNIQUEMENT MES ancêtres. 
Ce sont également les ancêtres de milliers (suivant la génération où ils se trouvent) d’autres personnes. Ils ne m’appartiennent donc pas.

Ce qui m’appartient à la rigueur, c’est le travail qu’il m’a fallu effectuer pour construire cet arbre et reconstituer toutes les filiations, en y incorporant les événements et autres faits qui ont parsemé la vie de ces ancêtres.

Là encore, je ne peux certainement pas revendiquer la paternité totale de ce travail. En effet, cette recherche a largement été facilitée par:

  • Les recherches généalogiques faites par le cousin germain de mon père sur ma branche auvergnate
  • Les fantastiques outils mis en place par le CG22 (Corail Net, Milinet, Censonet etc…), avec lesquels j’ai pu construire le squelette de mes branches bretonnes à la vitesse de l’éclair
  • La masse de documents trouvés par de nombreux cousins croisés lors de mes recherches, et plus particulièrement Jérome CAOUEN, membre très actif du CGHP et qui lui aussi empli la bibliothèque numérique de ce cercle avec patience
  • Les arbres en ligne de Geneanet et Heredis, soit par recherche directe, soit via des alertes


Et surtout, les arbres que l’on publie contiennent autant de bouteilles à la mer qui permettent à tout moment de superbes découvertes. J’ai relevé une belle démonstration il y a seulement quelques jours sur Twitter (vous noterez la remarque de @PV_Archassal sur l'importance d'avoir son arbre publié).
Sans cet arbre en ligne, comment faire un tel rapprochement entre une photo ancienne et des ancêtres disparus  pour un autre généalogiste ?


Donc de grâce, publiez, publiez, publiez. Sur des sites marchands, auprès des cercles généalogiques et partout où vous le pouvez. 

Et tant que nous sommes sur les conseils de publication: avec les sources, c'est encore mieux.




jeudi 26 juillet 2018



J’ai rédigé il y a quelques jours un article au titre interrogatif : Est ce que Geneanet est en train de racheter Filae ?

Cet article a semblé intéresser un peu de monde car en quelques jours, il est devenu l’article le plus lu de ce modeste blog. Je restais toutefois dubitatif, car je n’avais pas vu d’autres informations sur le sujet, que cela soit sur Geneanet, Filae ou des revues spécialisés comme la Revue Française de Généalogie.
Jusqu’a ce soir (à l’heure où je rédige ce billet pour être publié), puisque la RFG vient de publier un article au nom évocateur : vers un rapprochement entre Geneanet et Filae ?
On y retrouve surtout quelques phrases des deux présidents de Geneanet et Filae.
Pour le premier, il s’agit principalement d’une opportunité puisque l’un des actionnaires de Filae souhaitait se séparer de ses actions. Coût de l’opération: 2,4 millions d’euros. Cela en dit long sur la capacité d’investissement de Geneanet et Trudaine Participations.

Pour le second, cette entrée du principal concurrent comme actionnaire apparait comme la validation de la stratégie mis en place par Filae depuis quelques années. D’un autre coté, pouvait il dire autre chose ?

Jacques Le Marois (président de Geneanet) laisse espérer un éventuel rapprochement, en faisant profiter par exemple les utilisateurs de Geneanet des fonds disponibles sur Filae.  

Un sujet à suivre en tout cas, car finalement peu a été dit sur le sujet. J’ai peine à croire que certaines idées ne trottent pas derrière la tête de Geneanet.

Je regardais il y a quelques jours un sujet ouvert sur le forum de Geneanet (dans le Coin Bistrot) traitant du sujet, j’ai découvert le site ActuLegales, qui reprend l’ensemble des annonces légales concernant la vie des entreprises. Le lien fourni renvoyait vers la création de l’entreprise Trudaine Participations, le 10 Avril 2018 au capital social de 1 000 euros, et dont le siège social se situe au 9 rue du Quatre Septembre, à Paris dans le 2ème arrondissement avec Mr Philippe RAMONA comme Président.

J’ai eu la curiosité de lancer une recherche sur ce même site au nom de Geneanet. Petite surprise, on y découvre une annonce en date du 28 mars 2018, soit une toute petite quinzaine de jours avant la création de Trudaine Participations (dont Geneanet possède 30%).
Cette annonce concerne une réduction de capital de la société Geneanet de 179 986 € par voie de remboursement d’une somme de 0,08 € sur chaque action. Le capital social passe donc de 224 983 € à 44 996 € à cette date.
Il m’est souvent arrivé de lire des articles sur des augmentations de capital pour des entreprises, mais rarement l’inverse.

La question qui m’est alors venue, c’est pourquoi une entreprise réduit t-elle son capital ? 

N’étant pas analyste financier, ni spécialiste en gestion d’entreprise, je me suis tourné vers des sites institutionnels pour répondre à cette question.
Il est distingué généralement deux cas : cette réduction du capital peut être motivée par des pertes, ou pas.

Le problème à ce stade est que Geneanet ne publie plus son bilan depuis des années. Impossible donc de connaitre les causes de cette réduction de capital. Mais quand on lit que Trudaine Participations (détenue à 30% par Geneanet) est capable de mettre 2,4 millions sur la table, on peut surement imaginer que les résultats annuels doivent dégager quelques profits.

Dans le cas de perte, il existe également une technique dite du « coup d’accordéon ». Il est d’abord procédé à une réduction du capital, pour apurer des pertes comptables. Puis une seconde étape consiste en une augmentation de capital pour faire entrer de nouveaux investisseurs dans la société. Est ce le cas ici ?

Jetons un petit coup d'oeil à présent sur la société Trudaine Participations. On l’a vu ci-dessus, son président en est Philippe RAMONA. A priori, pas de rapport direct avec Geneanet.
Sauf que MM Le Marois (Président de Geneanet) et Ramona (Président de Trudaine Participations) sont tous les deux vice-présidents de l’association Geneabank, bien connu des généalogistes, membres d’associations généalogiques, puisque bon nombre d’entre elles déposent leurs relevés afin que leurs adhérents puissent y accéder, voir les échanger contre des points Geneabank. C’est ce qui est en tout cas indiqué sur la page du site en ligne.


Beaucoup de spéculations à ce stade, mais surtout des questions en suspens. Il ne reste plus qu’à surveiller la presse spécialisée dans les prochains mois, car malheureusement, il semble que les informations ne viendront pas directement des sociétés concernées elles-mêmes.

Cela fait un moment que nous discutons entre blogueurs sur une éventuelle concentration dans le monde de la généalogie française. Et j'ai bien l'impression que cela a démarré.


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