jeudi 26 juillet 2018



J’ai rédigé il y a quelques jours un article au titre interrogatif : Est ce que Geneanet est en train de racheter Filae ?

Cet article a semblé intéresser un peu de monde car en quelques jours, il est devenu l’article le plus lu de ce modeste blog. Je restais toutefois dubitatif, car je n’avais pas vu d’autres informations sur le sujet, que cela soit sur Geneanet, Filae ou des revues spécialisés comme la Revue Française de Généalogie.
Jusqu’a ce soir (à l’heure où je rédige ce billet pour être publié), puisque la RFG vient de publier un article au nom évocateur : vers un rapprochement entre Geneanet et Filae ?
On y retrouve surtout quelques phrases des deux présidents de Geneanet et Filae.
Pour le premier, il s’agit principalement d’une opportunité puisque l’un des actionnaires de Filae souhaitait se séparer de ses actions. Coût de l’opération: 2,4 millions d’euros. Cela en dit long sur la capacité d’investissement de Geneanet et Trudaine Participations.

Pour le second, cette entrée du principal concurrent comme actionnaire apparait comme la validation de la stratégie mis en place par Filae depuis quelques années. D’un autre coté, pouvait il dire autre chose ?

Jacques Le Marois (président de Geneanet) laisse espérer un éventuel rapprochement, en faisant profiter par exemple les utilisateurs de Geneanet des fonds disponibles sur Filae.  

Un sujet à suivre en tout cas, car finalement peu a été dit sur le sujet. J’ai peine à croire que certaines idées ne trottent pas derrière la tête de Geneanet.

Je regardais il y a quelques jours un sujet ouvert sur le forum de Geneanet (dans le Coin Bistrot) traitant du sujet, j’ai découvert le site ActuLegales, qui reprend l’ensemble des annonces légales concernant la vie des entreprises. Le lien fourni renvoyait vers la création de l’entreprise Trudaine Participations, le 10 Avril 2018 au capital social de 1 000 euros, et dont le siège social se situe au 9 rue du Quatre Septembre, à Paris dans le 2ème arrondissement avec Mr Philippe RAMONA comme Président.

J’ai eu la curiosité de lancer une recherche sur ce même site au nom de Geneanet. Petite surprise, on y découvre une annonce en date du 28 mars 2018, soit une toute petite quinzaine de jours avant la création de Trudaine Participations (dont Geneanet possède 30%).
Cette annonce concerne une réduction de capital de la société Geneanet de 179 986 € par voie de remboursement d’une somme de 0,08 € sur chaque action. Le capital social passe donc de 224 983 € à 44 996 € à cette date.
Il m’est souvent arrivé de lire des articles sur des augmentations de capital pour des entreprises, mais rarement l’inverse.

La question qui m’est alors venue, c’est pourquoi une entreprise réduit t-elle son capital ? 

N’étant pas analyste financier, ni spécialiste en gestion d’entreprise, je me suis tourné vers des sites institutionnels pour répondre à cette question.
Il est distingué généralement deux cas : cette réduction du capital peut être motivée par des pertes, ou pas.

Le problème à ce stade est que Geneanet ne publie plus son bilan depuis des années. Impossible donc de connaitre les causes de cette réduction de capital. Mais quand on lit que Trudaine Participations (détenue à 30% par Geneanet) est capable de mettre 2,4 millions sur la table, on peut surement imaginer que les résultats annuels doivent dégager quelques profits.

Dans le cas de perte, il existe également une technique dite du « coup d’accordéon ». Il est d’abord procédé à une réduction du capital, pour apurer des pertes comptables. Puis une seconde étape consiste en une augmentation de capital pour faire entrer de nouveaux investisseurs dans la société. Est ce le cas ici ?

Jetons un petit coup d'oeil à présent sur la société Trudaine Participations. On l’a vu ci-dessus, son président en est Philippe RAMONA. A priori, pas de rapport direct avec Geneanet.
Sauf que MM Le Marois (Président de Geneanet) et Ramona (Président de Trudaine Participations) sont tous les deux vice-présidents de l’association Geneabank, bien connu des généalogistes, membres d’associations généalogiques, puisque bon nombre d’entre elles déposent leurs relevés afin que leurs adhérents puissent y accéder, voir les échanger contre des points Geneabank. C’est ce qui est en tout cas indiqué sur la page du site en ligne.


Beaucoup de spéculations à ce stade, mais surtout des questions en suspens. Il ne reste plus qu’à surveiller la presse spécialisée dans les prochains mois, car malheureusement, il semble que les informations ne viendront pas directement des sociétés concernées elles-mêmes.

Cela fait un moment que nous discutons entre blogueurs sur une éventuelle concentration dans le monde de la généalogie française. Et j'ai bien l'impression que cela a démarré.


samedi 14 juillet 2018


Je suis présentement à Montréal pour le travail, mais j'ai découvert il y a quelques jours une information qui semble être passée totalement inaperçue dans le petit monde de la généalogie française, alors que les répercussions peuvent être potentiellement importantes pour nos usages au quotidien.

Je l'avoue, le titre de cet article est un poil provocateur, mais n'est ce pas le début de ce qui serait un sacré événement dans le petit monde de la généalogie francophone ?

VS 


D'un côté, Geneanet, premier portail généalogique en France (et probablement en Europe), proposant la plus grande base indexée d'individus. On m'opposera qu'il y a des millions de recopies, mais il faut bien reconnaître que l'immense majorité des généalogistes faisant des recherches sur la France passe forcément par Geneanet.

De l'autre, Filae (ex Genealogie.com), à l'image moins policée parmi la communauté des généalogistes, principalement en raison de ses relations tendues avec les Archives Départementales qu'elle n'a pas hésité à attaquer en justice pour leur imposer une mise à disposition de leurs archives.
Sans parler de l'indexation quasi complète de l'Etat Civil proposée par Filae, qui a été perçue par certaines Archives et certains Cercles Généalogiques comme un vol pur et simple de leurs données. Je ne relancerais pas le débat ici, ce n'est pas le propos (même si, au regard strict de la loi, il n'y a pas eu de vol).

Quelle ne fut donc pas ma surprise il y a 4 jours quand j'ai découvert cette information sur Internet : la société Filae a vu la société Trudaine Participations entrer à son capital à hauteur de 25% (source : Zonebourse).

Quel rapport avec Geneanet, me direz-vous ? Il est tout simple: la société Trudaine Participations appartient à 30% à Geneanet. D'ailleurs, lors de la dernière Assemblée Générale de la société Filae, qui s'est tenu le 28 Juin dernier, c'est Jacques LE MAROIS, fondateur et PDG de Geneanet, qui représentait la société Trudaine Participations.

Malheureusement, il n'a pas été répondu aux questions des autres actionnaires présents, qui souhaitaient probablement connaître les intentions de Geneanet. Comme l'en atteste le communiqué de presse de Filae sorti en début de semaine (vous pouvez lire l'intégralité du communiqué en cliquant sur le lien)

Communique de Presse - Société Filae - 9 Juillet 2018


Que faut il donc penser de cette entrée au capital de Filae ?


Pour ma part, je ne vois pas trop d'autre possibilité qu'un début de rachat de Filae par Geneanet.

En matière de bases de données généalogiques, la France est assez particulière. Dans le monde, quelques mastodontes existent comme Ancestry ou MyHeritage, mais qui ont bien du mal à s'implanter en France, probablement en raison du maillage important déjà réalisé par les cercles généalogiques et les indexations existantes.
Un acteur un peu particulier avec Family Search, aux capacités humaines et financières sans commune mesure par rapport aux autres, mais qui ne fait pas commerce de ces services, les recherches généalogiques étant liées à la pratique religieuse des membres de l'Eglise des Saints des Derniers Jours (autrement dit: les Mormons)
En France, le marché est un peu plus disparate. Avec des bases aux fonctionnements différents. Je ne citerais que celles dont j'ai entendu parler, la liste ne saurait être exhaustive.
Geneanet et Filae sont probablement les deux plus grandes bases privées en France. Suivie par Heredis Online et Geneatique.net (des éditeurs éponymes). On peut également citer Bigenet, service payant fourni par la Fédération Française de Généalogie.
Entre le gratuit et le payant, il y a notamment Geneabank, qui recense les relevés des cercles généalogiques partenaires. L'accès à cette base fonctionne par des points, offerts aux adhérents des cercles lors de leur adhésion.
Puis des bases gratuites, comme la base Roglo.

Une concentration entre les acteurs privés n'est finalement pas une surprise, au vu de la concurrence, notamment anglo-saxonne. La question n'était pas tant de savoir si, mais plutôt quand cela allait arriver.
Le client sort généralement gagnant à court terme, puisque l'on peut imaginer que les clients des deux sociétés pourraient profiter des services complets, en déboursant moins que la somme des deux abonnements.
A plus long terme, cela dépend toujours de la concurrence qui sera présente.
Une trop grande dispersion n'est pas intéressante pour le client, car il faut beaucoup payer pour avoir tous les services. Le monopole ne l'est pas plus car il freine généralement l'innovation, faute justement de concurrence.

J'ai tout de même deux interrogations au moment d'achever cet article :
  • Pourquoi une telle information ne semble même pas faire parler ? Je n'ai rien vu passer sur la presse spécialisée, sur les forums que je fréquente, sur les réseaux sociaux, à l'exception de quelques échanges sur Twitter.
  • Comment se passerait un rapprochement entre les deux sociétés, ayant chacune une philosophie affichée bien différente l'une de l'autre ? Filae s'est toujours présenté comme une société commerciale généalogique. Geneanet se montrant plus comme un acteur associatif. Une entrée, perçue comme agressive par Filae semble plutôt relever du fonctionnement très classique des sociétés privées.

Il reste maintenant à suivre le développement de ce rapprochement dans les prochaines semaines ou prochains mois pour savoir exactement ce qui attend les clients de ces deux sociétés.
Nul doute que la presse spécialisée se fera l'écho des informations à venir.

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