samedi 24 octobre 2020

 

Petit billet d'humeur ce matin, car je vois que même mes deux passions commencent à être polluées par notre société consumériste.

Réaction à chaud, donc pas forcément la plus objective sur le coup.

Vous le savez, depuis cet été, je suis avec plus d'attention l'actualité astronomique. Et bien, il y a quelques jours, l'intelligence humaine a réussi une opération de "Touch and go" sur un objet situé à 300 millions de kilomètres de notre petite planète bleue.

Pour faire simple, une sonde américaine, baptisée Osiris-Rex, a été mise en orbite autour d'un astéroide, nommé Benou il y a environ 2 ans. Mardi dernier, cette sonde est venue prélever des échantillons de cet astéroïde pour les ramener sur Terre. Pour en savoir plus, je vous invite à suivre ce lien sur Wikipédia. Une fois prélevés, ces échantillons doivent être ramenés sur Terre. La Nasa avait un objectif de 60g et avait prévu 2 autres tentatives en cas d'échec de la première.

Ce week-end est prévu la mesure du poids d'échantillon, mais ce matin, en ouvrant un article du Monde, le drame : la sonde risque de perdre ses échantillons. La première phrase de l'article est sans appel : la Nasa est inquiète.

J'ai tout de même posé la question à quelques spécialistes astro (@astropierre, @Bottlaeric et @thomas_appere)  et leurs réponses sont bien bien plus nuancées.



Voici typiquement ce que l'on nomme un titre putaclic. Ce mot exprime assez bien son orientation puisqu'il s'utilise lorsque le titre d'un article ou d'une vidéo est volontairement tendancieux et racoleur pour générer des clics, donc des revenus. Je suis un farouche défenseur des grands médias, mais force est de constater que parfois par méconnaissance, mais aussi parfois pour générer du trafic, ils recourent tous pour la plupart à des titres racoleurs. Un exemple devenu classique en matière d'astronomie : "Un astéroïde va frôler la Terre cette nuit". Alors que n'importe quel scientifique vous dira que vu la distance, il n'y a aucune (mal)chance qu'il fasse le moindre mal.

J'attends d'un journal comme le Monde un article sérieux et sourcé auprès de vrais spécialistes (non, le Pr Raoult n'est pas un spécialiste sur la Covid, mais juste un excellent client pour les chaines d'info en continu). Ou bien qu'ils ne s'étonnent plus de la défiance de leurs lecteurs. C'est tout de même un comble qu'il ne me faille que 3 minutes sur un réseau social pour avoir la confirmation que cette information est beaucoup moins.


Aparté: je viens de relire 3 fois la phrase précédente, elle est vraiment lunaire. Je suis en train d'écrire qu'un réseau social a été ma source !!! Un comble vu ce que je pense des réseaux sociaux.


Voila pour le putaclic, passons maintenant aux cadeaux.

Car moins d'une demi-heure après la lecture de l'article précité, je tombe sur une enquête proposée dans la newsletter de l'un de mes sites de généalogie préféré : Geneanet 

J'aurais d'ailleurs pu appeler cet article : Geneanet ou la confusion des genres.

Geneanet est l'un des mastodontes en France de la généalogie. Et surement LE plus gros site en matière de trafic français sur la généalogie. Ils se revendiquent eux-mêmes comme utilisateurs du modèle Freemium. Une large part est gratuite. Et si l'on souhaite profiter de fonctions avancées (très pratiques), il faut s'abonner. Ils possèdent de très nombreuses indexations, faites par la communauté de leurs utilisateurs. Rien à dire.

Et donc ce matin, en première place de leur newsletter hebdo, un titre : Geneanet et vous : répondez à notre grande enquête. Et pour appâter le chaland : 2000 € à gagner.

J'évacue tout de suite le prix. C'est en fait la somme totale des gains. Donc si cela trouve, c'est 4 fois 500 €. Ou 40 fois 50€. Ou bien 400 fois 5€. Personne ne le sait.

Revenons donc à cette enquête. Vu le titre, je me dis que nous sommes là sur une énième enquête, dont les éditeurs affectionnent pour sonder leurs utilisateurs sur leurs attentes.

Et bien dès la 4ème page, on me demande de m'inscrire à la communauté de Toluna, qui est la maison mère d'Harris Interactive, l'institut de sondage. Bien sur, on peut ne pas s'inscrire, mais dans ce cas, pas de jeu concours.

==> le sondage, c'est bien Harris Interactive qui l'organise, pas Geneanet. D'ailleurs, le règlement du jeu ne mentionne à aucun moment Geneanet, mais uniquement Harris Interactive.

Je vous invite d'ailleurs à lire ce règlement. On comprend très vite que c'est un jeu concours, organisé chaque trimestre (depuis 2015). Et au passage, on a le détail des prix. Un 1ère de 200€, 2 de 100€, le reste par lot de 50€.

Alors certes, il y a bien quelques questions sur Geneanet (moins d'une dizaine), mais surtout des potentielles dizaines d'autres sur tous vos hobbies, vos habitudes de consommation, le nombre de membres de votre foyer, votre niveau de revenus....

Donc en gros, Harris Interactive se paye pour 2 000€ une belle base de données de consommateurs.

Chacun y verra ce qu'il souhaite, pour ma part, je trouve que sur ce coup, Geneanet a fait une belle faute de goût vis à vis de ses utilisateurs.



lundi 12 octobre 2020

 

Il y a quelques siècles, oups pardon, quelques années, je m'étais lancé dans un Objectif G10, dont le principe était simple, trouver l'ensemble des ancêtres sur 10 générations pour mes deux garçons. 

A l'époque, il me manquait 26 ancêtres à la génération 10. Il m'en manque plus que 3 aujourd'hui. Dont un qui ne sera probablement pas trouvable, étant né illégitime.

Je l'ai souvent écrit, pour moi, un arbre généalogique, c'est aussi un squelette, à qui on va donner de plus en plus de chair et lui donner ainsi toute sa cohérence. Cet objectif G10 m'a déjà servi à trouver une bonne partie du squelette et j'ai désormais le nom des 246 an, je me lance dans un nouvel objectif qui va me forcer à me canaliser (je suppose que je dois être le seul à avoir ce genre de besoin ;-) )

Vous l'aurez compris à la lecture du titre de cet article, je vais compléter la carte d'identité de ces ancêtres, mais jusqu'à la génération 9 avec comme enjeux:

- Leurs dates de naissance/mariages/décès

- La composition de leur fratrie

Comme vous pouvez le voir sur les roues des 4 grands-parents de mes garçons, la couleur dominante reste le rouge. Et malheureusement pour moi, le rouge indique les individus qui ne sont pas complets, au sens Heredis.

Roue d'ascendance - Sosas 4 à 7

Le passage progressif de ces roues vers le bleu va me permettre de répondre au premier enjeu de cet objectif. 

L'intérêt de la recherche de la fratrie, second enjeu de cet objectif, est de me fournir une base lorsque je vais traiter les actes notariés que j'ai commencé à stocker pour traitement.

Je vais donc sortir régulièrement ces roues pour suivre l'avancement, en espérant que le bleu remplace peu à peu le rouge.



samedi 5 septembre 2020

Voilà déjà un moment que je n’ai pas rédigé d’article sur le blog. La faute à beaucoup de choses. Un premier semestre que je qualifierais d’étonnant. Une activité professionnelle intense en raison d’un premier virus (informatique) suivi par un second qui a bouleversé (temporairement) nos vies. Ajoutons à cela des choix à effectuer pour chacun de mes garçons dans le cadre de leurs études. Tout cela a laissé bien peu de place à la généalogie, aux recherches et donc aux articles.

Et pour ce nouvel article, une fois n’est pas coutume, je ne vais pas parler de généalogie.

Ceux qui me suivent sur Twitter ont dû s’apercevoir que je relayais de temps à autre des messages sur l’Espace. Depuis mon adolescence, j’ai toujours été attiré (je ne dirais pas passionné) par ce qu’il se passe au-dessus de nos têtes. Les rares « beaux livres » de ma bibliothèque chez mes parents étaient consacrés au Cosmos.

Je me souviens de mon exposé en CM2, avec mon camarade François, sur le système solaire, merveilleusement illustré par les images que nous avions découpées dans ces fameux cahiers rouges aux Editions Arnaud que nous achetions (ceux de ma génération) pour y découper no

Ordinateur Matra Alice
Matra - Alice
tamment des
images.

Mon premier ordinateur fut un Alice 32, dont la mémoire vive faisait …. 16 Ko. J’avais recopié, depuis un magazine, un programme en basic qui allumait des pixels à des places bien précises sur l’écran. Tout cela pour présenter, une fois achevée, une belle carte du ciel avec les étoiles visibles sous notre hémisphère.

Mais étonnamment, je n’ai jamais poussé plus loin cette curiosité. 

J’ai découvert un matin dans le courant du mois de Juin par la radio que la comète Neowise, découverte en Mars de cette année serait visible à l’œil nu jusqu’à la fin du mois de Juillet. Au passage, il est d’ailleurs étonnant que personne n’ait lancé de théorie complotiste sur l’apparition de cet objet dans le ciel alors que le confinement se lançait en France.

Arrivé tôt au bureau et avant de démarrer ma journée, j’ai pris l'habitude d'ouvrir un des sites internet que je suis pour faire de la veille techno (et un peu geek). L’un de leurs articles du jour portait sur le test d’un télescope connecté.

Le soir, en consultant Twitter, je suis tombé sur un message d’@astropierre qui, à une mère qui lui demandait un conseil pour choisir un télescope pour son fils, répondait le plus logiquement du monde que la meilleure des choses à faire était de se rapprocher du club d’astronomie le plus proche. 

Conseil que je me suis appliqué immédiatement en lançant une recherche pour découvrir qu’un club existait à quelques kilomètres de chez moi et que leurs lieux privilégiés se trouvaient en forêt de Rambouillet et dans mon village d’enfance à une 15aine de kilomètres.

Il est clair que le ciel cherchait vraiment à me dire quelque chose ce jour-là.

Comme à mon habitude, je profite de mes congés d’été pour lire quelques romans. Et parmi ces livres, je viens de finir "Le Cosmos et le Lotus" de Trinh Xuan Thuan. L’auteur y relate son enfance au Vietnam avec une éducation française, mais qui a réalisé ses études supérieures et sa carrière de chercheur en
astronomie dans les plus grandes universités américaines.

Dans l’un de ses passages, il évoque dans un passage empreint d’une certaine nostalgie l’arrivée d’Internet et ses apports dans son activité. Il se rappelle les longs moments passés à observer le ciel, parfois dans le froid, au pied du télescope, tout en luttant contre le sommeil. Alors qu’aujourd’hui, il peut le piloter à distance, même depuis chez lui.

Je n’ai pu m’empêcher de sourire à la lecture de ces mots, en pensant moi-même aux regrets des généalogistes que j'entends expliquer l'attente avec impatience, du courrier du facteur pour recevoir après plusieurs semaines la copie d’un acte demandée en mairie, alors qu’aujourd’hui, 3 clics suffisent pour nous ouvrir les registres paroissiaux ou l’état civil communicable pour quasiment tous les départements de France.

Le généalogiste cherche ses racines en remontant le temps et les branches de son arbre. Pour comprendre et savoir d’où il vient.

Il me semble que l’astronome, lorsqu'il regarde dans le ciel lointain procède du même raisonnement. Car regarder loin dans l'espace, c'est regarder loin dans le temps.

Il n'est donc pas impossible que je publie dans quelques temps des articles où vous verrez poindre des photos de ce type.

 

La galaxie du Tournesol - Image Wikimedia Commons

 Mais je vous rassure, pour faire cela, il faut des connaissances, la compétence et le matériel adéquat. Autant dire qu'il faudra patienter un peu pour cela.

Il n'était donc pas étonnant que le texte dont je me souviens le mieux de mes années de collège-lycée reste celui de Blaise Pascal : Les deux infinis


dimanche 28 juin 2020


Hier avait lieu le 1er Salon Virtuel de la Généalogie. A cette occasion, notre association Geneatech avait lancé deux défis d'écriture pour les blogueurs.
- Un Cadavre exquis
- Un Challenge #2706

Ce dernier était simple, rédiger en 100 mots un article sur un ancêtre ayant vécu un événement particulier un 27 Juin, date du salon. Et tous ces articles ont été regroupés dans un padlet dédié.

Le travail et le manque de temps m'ont empêché de participer à ce challenge d'un jour. C'est dommage, car j'aurais pu vous parler de la naissance de Jean Guegan ou Pierre Kermen, ou bien du mariage de Pierre Bogros & Antoinette Chassagne ou celui de Jean Morvan & Marie Le Bonte.

Mais nous sommes le 28 Juin. C'est ce jour il y a 47 ans qu'est née la Sosa n°3 de mes deux garçons. Elle que j'ai commencé à croiser il y a 42 ans.

En cette belle journée, je nous offre 7 minutes 20 de paysages superbes sur notre belle planète avec une musique qui ne l'est pas moins.




Musique "Primavera" de Ludovico Einaudi, compositeur et pianiste italien.

dimanche 3 mai 2020


Tout est parti d'un tweet rédigé le 2 Mai par @Geneanantes 


Les discussions ont assez rapidement sur la notion d'étiquette (ou tags) dont on a pu voir quelques exemples dans Mac Family Tree ou Gramps.

Il semble qu'il existe une fonction méconnue ou en tout cas pas assez mise en avant dans Heredis : les rubriques personnelles.

Jusqu'à la version 2018, il était possible d'associer une ou plusieurs rubriques à un individu. Ces rubriques étaient au nombre de 13, pour répondre au standard Gedcom. On pouvait les utiliser pour indiquer pour un individu son niveau d'éducation, sa religion, sa santé etc...
13 et pas une de plus.
Autre inconvénient, une fois que l'on décidait d'utiliser une rubrique individuelle pour une personne de son arbre, l'intégralité des individus présents dans l'arbre se voyait attribuer cette rubrique avec un champ vide bien entendu.

A la sortie de la version 2018, comme à mon habitude, j'avais rédigé un article relatant les différentes nouveautés de ce nouvel opus.

Premier intérêt, ces rubriques sont vraiment personnelles. On les associe à une personne sans automatiquement l'ouvrir pour tous.
Il est également possible de dater ces rubriques. Très utile pour les cas de conversion religieuse (forcée ou choisie), pour un état de santé qui va forcément varier dans le cours de sa vie, etc...
On peut aussi ajouter une note ou une source.

Et en reprenant mon billet, je me suis aperçu que j'avais oublié la partie la plus importante. Elles ne sont plus limités à 13. Et sont paramétrables. 

Voici un exemple pour mon usage.

Mes recherches généalogiques se concentrent sur l'ascendance de mes deux garçons. En plus des sosas, je renseigne également les frères et soeurs, leurs éventuels conjoints et parfois les enfants de ces frères et soeurs.
Pour faire cela, je m'appuie sur différents relevés, notamment ceux du CG22, avec comme outil, leur moteur de recherche Corail Net.
Il dispose notamment d'une fonction de recherche par couple.

Vous renseignez les noms et prénom d'un couple, une plage de date sur 1 siècle et vous pouvez lancer une recherche sur l'ensemble du département.
Dans le meilleur des cas, vous avez:
- Le mariage du couple
- Le décès des deux conjoints (souvent un seul, le premier qui décède)
- La naissance de tous leurs enfants
- Les mariages de ces mêmes enfants
- Les décès des enfants en bas age, et ceux des adultes quand les parents sont nommés sur les registres (donc plutôt sur l'Etat Civil, beaucoup plus rarement sur les Registres Paroissiaux)

En gros, une machine à trouver des actes.

Une fois traité, j'ai besoin de mémoriser le fait que j'ai lancé la recherche sur Corail Net, pour éviter de me reposer la question dans 3 ans. 
C'est là qu'intervient la rubrique personnelle.

Dans la fiche de saisie d'un individu, à coté de l'onglet Unions où l'on va retrouver les différents conjoints, vous avez un onglet Rubriques Personnelles

Un clic sur le + vous permet d'afficher les rubriques à votre disposition, qu'elles soient déjà utilisées ou pas.
Parmi celle-ci, vous avez une rubrique générique comme on le voit sur le fichier exemple ci-dessous

Rubriques personnelles - Heredis 2020

 Sélectionnons cette rubrique générique, et une fois affichée dans la liste, double-cliquons dessus.

Une fenêtre apparaît permettant de changer le libellé de Rubrique Générique en ce que vous voulez. Ici, je vais saisir Traitement Corail


 
Une fois fait, il me suffit alors d'indiquer Oui dans la description, ou toute autre info que je souhaiterais avoir apparaitre.

Ces informations sont alors présentes dans la fiche de saisie de mon individu. La petite puce bleue au niveau de l'onglet Rubriques Personnelles permet de voir immédiatement qu'il y a quelque chose dedans.



Et si maintenant, je cherche à savoir, parmi mes sosas, ceux qui ont reçu ce "traitement", il me suffit d'aller dans la recherche intelligente.
La partie Rubriques personnelles présente à la fois les rubriques pré existante avec le logiciel mais aussi toutes celles que j'ai créé. Le filtre au niveau de la lignée Sosa me permet de réduire ma recherche.


Cette recherche peut ensuite être éditée sous forme de liste paramétrable ou autre.

Cette rubrique "Traitement Corail", je l'affecte à chacun des conjoints, car l'un des deux a pu se remarier et doit donc faire l'objet d'un nouveau traitement.

J'espère que vous y verrez aussi d'autres possibilités puisque pour répondre à la demande initiale, je pourrais utiliser ces rubriques pour saisir les Mort Pour La France et ensuite, via la recherche intelligente, sortir la liste complète depuis mon fichier. Et faire de même pour tout type de rubrique (Poilus 14/18, Armée Napoléonienne comme le suggérait @lodeetwit, a fait l'objet d'un article sur un blog, avec dans la note, le lien du blog, etc...)

Des échanges qu'il y a pu avoir autour de ce sujet, il y a bien sur quelques écueils et qui me feront dire que l'on ne peut pas forcément parler d'étiquette dans Heredis :

- on ne peut pas indiquer la présence de cette rubrique autrement que dans l'onglet Rubriques personnelles
- on ne peut pas lui affecter une couleur ou une forme particulière
- les rubriques s'appliquent aux individus. Donc pas d'étiquettes ou tags sur un lieu ou une source.

A cela, je dirais deux choses : les notes (événements, lieu, source...) sont une bonne source de recherche. Et qu'il est toujours possible de faire des suggestions à l'éditeur. ;-)



 

vendredi 1 mai 2020


Aujourd’hui, un article en forme de cheminement intellectuel avant d’intégrer des informations dans mon arbre. Je le publie, en espérant que mes lecteurs sauront peut-être voir la faille dans le raisonnement.

Mon point départ :  Un mariage le 24 Novembre 1744 à Pont-Melvez entre Jacques Herve et Jeanne Hamon. Lui est fils de Yves et Marie Guillou. Jeanne est fille de défunts Yves et Guyonne Le Chevoir (un couple de mes sosas). 

1720 - Mariage de Jacques Herve et Jeanne Hamon à Pont-Melvez - AD 22 - 5 Mi 359

Là-dessus, pas de problème allez vous me dire, tu n’as qu’à saisir l’acte dans ton logiciel et le tour sera joué.
Malheureusement, c’est là qu’apparait le problème. Le couple Yves Hamon et Guyonne Le Chevoir a non pas une, mais deux filles prénommées Jeanne. La première née en novembre 1698, et sa sœur 18 mois plus tard en mai 1700. La question se pose : quelle Jeanne s’est mariée en 1744 ?

Couple Yves Hamon et Guyonne Le Chevoir et leurs 7 enfants
 
La question va s’obscurcir un peu plus (ou pas), car l’acte de mariage en 1744 comporte une information également très intéressante pour un généalogiste, Jacques Herve est veuf. Sa précédente épouse s’appelait aussi Jeanne Hamon !

Vous me voyez venir avec mes gros sabots : Jacques Hervé a épousé la sœur ainée, puis a épousé la cadette. C’est bien mon hypothèse et je tente de l’étoffer ici.

La première chose que j’avais faite à l’époque de la saisie des naissances des enfants d’Yves et Guyonne et que j’ai refaite dans le doute cet après-midi : rechercher le décès éventuel de la Jeanne de 1698. Sur les registres BMS de Pont-Melvez, aucune trace. Et une recherche sur les relevés du CG22 me donne la même information. Pas plus d’un décès entre 1700 et 1710. Je suppose donc qu'elles ont passé la barrière de l'enfance.

Par contre, j’ai bien en novembre 1720, toujours à Pont-Melvez, un mariage de Jacques Hervé, de Plésidy (à moins de 15km de Pont-Melvez), mais habitué de la paroisse de Pont-Melvez et Jeanne Hamon, fille de Yves. Mais sans mention du nom de la mère de Jeanne. Qui ne pourrait de toute façon pas assister au mariage de sa fille, si c’est bien elle, car Guyonne est décédée en février 1719.
Le souci, c’est que Yves en Bretagne, en tout cas, sur cette zone des Côtes d’Armor, c’est LE prénom masculin. Et donc des Yves Hamon contemporains sur la même zone, comment dire, il y a en a pas mal.

Je suis tout de même parti du principe que cette Jeanne Hamon était la Jeanne n°1 du couple, qui aurait donc 22 ans.
Les relevés du CG22, que je n’ai pas encore intégrés dans mon arbre donnent à ce couple Jacques Herve et Jeanne Hamon n°1 au moins 6 enfants : Guillaume, Anne, Françoise, Jeanne, Yves et Joseph, tous nés avant 1744. Pour la naissance de certains, le lieu dit indiqué est Quilliac à Pont-Melvez. C'est là que décéderont Jacques et sa seconde épouse comme nous allons le voir plus bas.

Carte de Cassini - Pont-Melvez (entouré à gauche) et Plésidy (entouré à droite) - Soulignés Kerfubu et Quilliac

Pour que Jacques Hervé épouse Jeanne Hamon n°2, il faut donc que Jeanne Hamon n°1 décède avant Novembre 1744. Et effectivement, sur les 10 années qui précèdent le mariage, il n’y a qu’un seul décès relevé d’une Jeanne Hamon: le 8 juin 1743. Cette Jeanne est dite avoir environ 50 ans, mais malheureusement, aucun des présents ne porte le patronyme Herve.
Les relevés du CG22 apportent toutefois d’autres informations, notamment les mariages de certains des enfants du couple Jacques Herve et Jeanne Hamon. Et ils permettent de restreindre la période de décès de Jacques Herve entre février 1756 puisqu’il est présent au mariage de son fils Joseph avec Jeanne Le Cabellec et Janvier 1761 puisqu’il est dit décédé au mariage de son fils Yves avec Charlotte Le Moal.
Et sur cette période, on retrouve effectivement à Noël 1759, le décès de Jacques Herve où sont présents : Guillaume, Yves et Joseph, ses 3 fils. Jacques a 61 ans.

Dernier élément en ma possession, c’est le décès de la Jeanne n°2. Il intervient en juin 1777. Elle est dite veuve de Jacques Herve et sont présents : Guillaume, Yves et Joseph Herve, ses enfants d'après le curé de Pont-Melvez. Elle a environ 80 ans.
Il s’agit bien entendu de ces beaux-fils, puisque que Jeanne n°1 soit sa sœur ou pas, Jeanne n°2 n’est pas la mère de Guillaume, Yves et Joseph, mais leur belle-mère.

J’ai parcouru d’autres généalogies en ligne, notamment sur Geneanet. Certains donnent comme parents à Jeanne n°1, Yves et Guyonne Le Chevoir comme moi.
D’autres donnent un autre couple Yves et Marie Guillou, tous les deux vivants en 1720.
Les deux peuvent être bons, mais l’indice qui me donne la préférence sur le premier est le décès de Guyonne en 1719, l’année qui précède le mariage de Jeanne, alors mineure. Il n’est pas rare que le père marie alors rapidement sa fille Jeanne n°1 pour garder avec lui la seconde qui tiendra la maison.

J’espère que vous avez réussi à me suivre dans mes pérégrinations et n’hésitez pas à me faire vos commentaires.

Précision : j'ai surligné le lieu-dit Kerfubu qui est celui indiqué sur l'acte de baptême de Guillaume Hamon, le frère ainé des deux Jeanne. Pour les autres enfants du couple Yves Hamon et Guyonne Le Chevoir, lorsque le lieu-dit est indiqué, c'est celui de Quilliac. Celui où vont vivre Jacques Hervé, ses enfants et ses deux épouses successives.

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