vendredi 3 août 2018



En préambule, afin d’être totalement transparent avec les lecteurs de cet article, je précise, comme je l’ai déjà écrit sur ce blog, que je suis testeur d’Heredis depuis maintenant quelques années. A ce titre, dans le cadre de nos tests, la société Heredis me fait bénéficier d’un accès Heredis Online Premium à titre gracieux.

Mes deux derniers articles ont traité des mouvements en cours entre deux acteurs majeurs du monde généalogiques en France: Filae et Geneanet.
Et sur les très rares échanges que j’ai pu lire, une question semble revenir: faut-il supprimer son arbre en ligne (en l’occurence de Geneanet pour les deux cas que j’ai en tête) ? Avec l’argument suivant: Geneanet fait de l’argent avec les données de nos arbres, et il se permet de nous faire payer nos abonnements.

Tordons tout de suite le cou à une idée reçue qui revient de manière récurrente sur les forums ou les réseaux sociaux (à la manière des houx et autres fake news à la mode), Geneanet (pas plus que Filae, Heredis ou Geneatique) ne vend pas les données de nos arbres. La preuve, j’ai bien accès à des centaines de millions de données issues d’arbres publiés, alors que je ne souscris plus à l’abonnement Premium depuis maintenant 2 ans, faute de temps pour l’utiliser réellement.
Ce que vend Geneanet, comme ses concurrents, ce sont des services. Des modules de recherches  plus complets, des accès à de nombreuses indexations (comme par exemple, l’Etat-Civil français pour Filae) et beaucoup d’autres informations. Tant de possibilités que les Editions Archives et Cultures ont publié des ouvrages complets dédiés à certains de ces sites. 



Pour Filae, il y a toutefois une différence de taille, car sauf erreur de ma part, lorsque l’on souhaite consulter des informations trouvées sur Filae, il faut impérativement passer par un accès payant ou bien demander l’accès à l’arbre. Il n’y a aucune consultation gratuite libre sans demande d’accès.

Pour rester sur les sites de publication français, Heredis (via Heredis Online) et Geneatique (via geneatique.net) fonctionnent sensiblement comme Geneanet, avec un accès libre aux arbres publiés, et un service payant pour avoir accès à un module de recherche plus complet (et des fonctions complémentaires). C’est donc bien des services que l’on achète ici aussi.

Pour en revenir au questionnement précédent : faut il supprimer son arbre de Geneanet ? Je réponds: surtout pas. En tout cas, il est hors de question que je le fasse.

Et ce pour plusieurs raisons:

Les ancêtres de mon arbre ne sont pas UNIQUEMENT MES ancêtres. 
Ce sont également les ancêtres de milliers (suivant la génération où ils se trouvent) d’autres personnes. Ils ne m’appartiennent donc pas.

Ce qui m’appartient à la rigueur, c’est le travail qu’il m’a fallu effectuer pour construire cet arbre et reconstituer toutes les filiations, en y incorporant les événements et autres faits qui ont parsemé la vie de ces ancêtres.

Là encore, je ne peux certainement pas revendiquer la paternité totale de ce travail. En effet, cette recherche a largement été facilitée par:

  • Les recherches généalogiques faites par le cousin germain de mon père sur ma branche auvergnate
  • Les fantastiques outils mis en place par le CG22 (Corail Net, Milinet, Censonet etc…), avec lesquels j’ai pu construire le squelette de mes branches bretonnes à la vitesse de l’éclair
  • La masse de documents trouvés par de nombreux cousins croisés lors de mes recherches, et plus particulièrement Jérome CAOUEN, membre très actif du CGHP et qui lui aussi empli la bibliothèque numérique de ce cercle avec patience
  • Les arbres en ligne de Geneanet et Heredis, soit par recherche directe, soit via des alertes


Et surtout, les arbres que l’on publie contiennent autant de bouteilles à la mer qui permettent à tout moment de superbes découvertes. J’ai relevé une belle démonstration il y a seulement quelques jours sur Twitter (vous noterez la remarque de @PV_Archassal sur l'importance d'avoir son arbre publié).
Sans cet arbre en ligne, comment faire un tel rapprochement entre une photo ancienne et des ancêtres disparus  pour un autre généalogiste ?


Donc de grâce, publiez, publiez, publiez. Sur des sites marchands, auprès des cercles généalogiques et partout où vous le pouvez. 

Et tant que nous sommes sur les conseils de publication: avec les sources, c'est encore mieux.




3 commentaires:

  1. Tellement vrai ce que tu écris. Nos ancêtres ne nous appartiennent pas !

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  2. Merci pour ce billet auquel j'adhère sans réserve.
    De mon côté, je partage aussi pour être "trouvé" par des cousins éloignés. Plus nos arbres sont diffusés plus les chances sont grandes. Grace à mes arbres sur Geneanet, Ancestry et MyHeritage j'ai été contacté par des dizaines de cousins de France, bien sûr, mais aussi d'Italie, de Belgique, de Suisse, d'Allemagne, de Suède, des USA, d'Angleterre. On imagine pas combien la généalogie descendante est impactée par les migrations. À chaque fois un grand bonheur, des échanges et des pistes passionnantes à étudier.
    Laurent

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  3. Nos ancêtres ne nous appartiennent pas, certes, mais ma généalogie est le fruit de mon travail. Donc, pour l'instant il est hors de question que je la mette en ligne sans réserve. Je ne tiens pas à me faire piller par des gens qui profiteront ensuite lucrativement de mes efforts, cela vaut pour Geneanet mais pas seulement.

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