dimanche 5 septembre 2021


En préambule et pour simple rappel, je ne suis qu'un simple généalogiste amateur. J'ai été membre premium de Geneanet de 2013 à 2016. J'avais expliqué les raisons de ce non renouvellement dans cet article "Renouveler ou pas".  J'en suis maintenant un simple utilisateur. 

Je ne suis pas contre les sociétés privées dans le secteur de la généalogie, vous pouvez d'ailleurs lire mon point de vue sur le sujet dans mon article sur les marchands du temple.

Pour terminer et être complet, je suis membre du comité directeur du CG22, simple membre du CGHP et du CGHAV. Et testeur pour logiciel Heredis.



Les acteurs

Geneanet : Société française de généalogie de quelques dizaines de salariés. Société anonyme qui ne publie plus ses comptes depuis 2008. Dirigée par Jacques Le Marois.

Filae : Société française de généalogie de quelques dizaines de salariés. Société anonyme avec un CA de plus de 3,5 M€ en 2019. Dirigée par Toussaint Roze.

My Heritage : Société israélienne de généalogie de 420 salariés. Non cotée, mais qui a été rachetée en Février 2021 par Francisco Partnet, une société américaine en capital-investissment.

Ancestry : Société américaine de généalogie de 1 400 salariés. Acquise en 2020 par Blackstone et dont Permira, un fond d'investissement anglais est également actionnaire.

Blackstone : Fond d'investissement américain possédant l'un des portefeuilles les plus important au monde (600 milliards de $).


Chronologie

En juillet 2018, une information officielle annonce que la société Trudaine Participations est entrée au capital de la société Filae à hauteur de 25%. Trudaine Participations ? C'est une société dont 30% est détenue par Geneanet. J'avais rédigé un article sur le sujet avec un titre provocateur "Quand Geneanet rachète Filae"

Et puis....plus rien pendant 2 ans et demi.

Les choses bougent le 21 Janvier de cette année. Filae annonce être entré en négociation exclusive avec My Heritage en vue de son rapprochement (communiqué de presse)

La réplique est immédiate, Geneanet annonce lancer une OPA pour contrer ce rapprochement. A noter que le premier communiqué publié sur leur blog a été retoqué par l'Autorité des Marchés Financiers (mais la page archivée est toujours disponible ici. J'y reviendrais plus loin) .

Le 15 mars, Trudaine Participations obtient en justice l'interdiction pour Filae de céder filae.com. 

Décision annulée le 13 avril.

Le 22 avril, Filae annonce refuser l'offre réalisée par Trudaine Participations 

Le 21 mai, l'AG ordinaire des actionnaires autorise la cession de la vente à My Heritage.

Finalement, le 2 aout, Geneanet renonce à son OPA et conclue un accord avec Filae et My Heritage.

Moins d'un mois après (en plein été), le 31 aout vers 14h, Geneanet annonce sa cession à Ancestry.


Tout ce qui précède est librement accessible. Ce qui suit n'est que mon opinion propre.


Geneanet

Je suis totalement d'accord avec le titre d'une note de blog parue sur leur site, Geneanet n'est pas une société comme les autres.

Depuis plus de 10 ans que je connais Geneanet, j'ai toujours entendu parler de la communauté Geneanet. Dans leur communication, on parle très rarement de société ou de client. Mais de communauté ou de membres. A tel point qu'à l'extrême, j'ai entendu plusieurs fois sur des salons, des personnes sur un stand d'un cercle répondre qu'ils avaient déjà accès à leurs données puisqu'ils étaient adhérents à l'association Geneanet.

D'aucuns diront que j'exagère, que c'est un cas isolé. Lisez cette note de blog, parue le 7 janvier 2020, toujours issue de leur site. Dans le dernier paragraphe, à la dernière phrase, dans l'addenda (!) du 28 janvier, on voit (enfin) apparaitre les mots société et clients.

Par contre, vous avez 7 fois le mot communauté et 15 fois le mot membre.

Dans l'article sur la société pas comme les autres, 5 fois le mot société, 7 fois communauté. 2 fois client mais 14 fois membre.

C'est l'image que la direction souhaite donner de la société, et il n'y a rien à redire là-dessus. C'est un choix. Le seul inconvénient d'une telle communication, c'est justement qu'elle positionne l'entreprise à l'opposé de l'image froide d'une société privée.

L'épisode du rachat de Filae m'avait déjà étonné, y apprenant que Geneanet avait créé une société en vue de rentrer au capital de son concurrent. 

Puis arrive les 6 premiers mois de l'année 2021, avec l'annonce d'une OPA sur son concurrent français.


Pourquoi j'ai supprimé mon arbre ?

Tout simplement parce que je n'ai pas aimé la communication de Geneanet depuis le début de l'année, et que c'est le seul moyen de leur faire savoir, dans l'attente de connaitre la direction que vont prendre désormais Filae et Geneanet.

Sur la forme

Le lendemain de l'annonce du rapprochement Filae et My Heritage, Geneanet publie une note sur son blog. Qu'ils sont contraints de retirer à la demande de l'AMF. 
Pour l'annonce de la cession de Geneanet, il y a une première note le 31 Aout. Mise à jour le 2 Septembre. Puis une nouvelle fois le 3.
Quand on a besoin de donner de nouveaux éléments de communication par deux fois en 2 jours, c'est que le message initial n'est pas clair.


Sur le fond

La lecture de l'article originel expliquant les raisons du lancement de l'OPA de Geneanet sur Filae parue le 22 Janvier est intéressante.


Je comprends parfaitement la position de Geneanet vis à vis de My Heritage. 
Mon seul problème est qu'Ancestry est plutôt sur un modèle analogue à celui de My Heritage. Avec un abonnement annuel à plus de 200 €. Nous sommes très loin du modèle Geneanet.
Alors pourquoi ce qui n'est pas compatible avec My Heritage le devient avec Ancestry ?

Second point, le champion français et européen. C'était l'argument fort de Geneanet dans sa tentative d'OPA. Jouer sur la fibre "patriotique" pour faire préférer l'option Geneanet plutôt que My Heritage. C'est un argument qui fait sens pour moi.
Il est donc surprenant de voir annoncer la cession à un groupe américain moins d'un mois après l'annonce du rapprochement Filae - My Heritage. J'ai bien lu que Geneanet garderait son modèle et son indépendance. Mais pour moi, cela reste de la communication. Les décisions importantes seront désormais prises aux USA ou a minima avec leur accord préalable.

Je ne verse pas dans l'anti américanisme de base. Mon arbre est sur Filae, Heredis Online en France. Sur My Heritage et Ancestry. Mes ancêtres ne m'appartiennent pas et je suis ravi d'en faire profiter la communauté des généalogistes à travers le monde.

Par contre, à ce stade, personne ne sait comment va se passer ce rachat. Le monde de la généalogie n'est pas celui de l'Industrie ou de la Finance, ce rachat n'est pas un "coup" financier, mais cela permet à Ancestry de faire ce qu'il n'a jamais réussi à faire depuis des décennies, s'implanter en France, qui est un pays à part dans le monde de la généalogie.

C'est donc l'attitude de Geneanet sur ces 6 derniers mois qui m'a déçu. En tant que "membre" de la communauté, j'ai exprimé cette déception de la seule façon qu'il m'est possible de faire, j'ai retiré temporairement mes données.

Je ne prive personne, elles sont accessibles sur de nombreuses plateformes, gratuitement.

Cela ne retire en rien l'estime que j'ai pour ce site qui est incontournable aujourd'hui en France et pour tout le travail qui est réalisé par ses salariés, qui sont de grands professionnels.


Conclusion

Pour finir, et on ne le saura vraisemblablement jamais, un petit doute s'est instillé dans mon esprit pendant que je rédigeais mon article. 

Un rachat ne se conclut pas en quelques jours. Geneanet l'a écrit sur sa dernière note, ses contacts avec Ancestry datent d'avant le mois d'aout. A mon avis, ils datent de bien avant cela et à la place d'Ancestry, je serais forcément venu "sonder" Geneanet dès le mois de Janvier.

Que s'est il donc négocié pendant ces 8 derniers mois ? Qui a joué à quel jeu pour éventuellement faire monter les enchères ? Car au final, il y a plusieurs gagnants:

  • Ancestry et My Heritage qui prennent enfin pied en France
  • Les deux dirigeants de Filae et Geneanet, principaux actionnaires et qui ont très bien vendus leur société respective.

Nous verrons bien dans les mois / années qui viennent ce que ces rachats vont signifier pour nous, généalogistes en France. Surement des ressources en plus. Mais assez surement une inflation sur les abonnements. En fonction de ce que j’y verrais, je remettrais mon arbre. Ou pas.

Il restera à voir aussi ce que feront les autres acteurs français, tant privés mais qui sont plutôt des éditeurs de logiciels (Geneatique, Heredis), tant publics, et je pense avant tout à la Fédération Française de Généalogie. Ne serait il pas temps par exemple de donner un second souffle à la base Geneabank ? De l'enrichir avec les nombreuses autres sources traitées par les dizaines de cercles généalogique en France ? De proposer des possibilités d'indexation sur de nombreux fonds ? Cela nécessite surement un travail de fond en complicité avec les pouvoirs publics. Et c'est tout à fait le mandat de la FFG.


Sources

- Wikipedia pour les informations générales sur les sociétés mentionnées

- Societe.com pour les informations financières sur Geneanet et Filae

- Les blogs de Geneanet, My Heritage et la Revue Française de Généalogie


lundi 22 février 2021

 

Cela fait un bon moment que je n'ai pas rédigé de billet, mais l'occasion de ce mois Geneatech est trop tentante, surtout pour le thème de cette dernière semaine : les outils.

Je pourrais forcément évoquer longuement Heredis, qui est l'outil que je lance immédiatement dès lors que je vais travailler ma généalogie. Ou bien encore mon journal de recherche réalisé sous Excel, largement inspiré de celui créé il y a quelques années par Chroniques92.

Mais pour Heredis, il y a déjà plein de billets sur ce blog. Et pour le journal de recherches, vous pouvez parcourir l'excellente vidéo réalisée par Elodie Dezat et disponible sur la chaine Youtube de Geneatech.


Et au passage, ne manquez pas non plus les trucs et astuces de @SophieSo78 sur Heredis.

Maintenant que cette publicité non déguisée a été réalisée, je vais vous parler de deux outils mis à disposition par le Centre Généalogique des Côtes d'Armor.

Si vous me suivez, vous savez que 3 des grands-parents de mes fils sont originaires des Côtes d'Armor (la branche de mon père étant localisée sur le Puy de Dôme).

Logo CG22
Je n'ai pas la prétention de connaitre beaucoup d'autres archives en ligne ou de cercles sur les autres départements. Mais je pense pouvoir affirmer que beaucoup de généalogistes français peuvent rêver d'avoir des ancêtres dans les Côtes d'Armor et d'avoir à disposition les outils du CG22. Je n'ai pas fait le compte, mais il y a au moins 2 dizaines d'applications différentes (base de cousinage des adhérents, indexation des patronymes dans les registres de Successions et absences, fiches personnages, indexation des registres matricules etc...)

En synthèse: si vous avez des ancêtres dans le 22, ne vous posez même pas la question de l'adhésion. Elle sera très vite rentabilisée. 

Dans cet article, je vais faire un focus sur deux de ces bases : Corail Net et Salvindex.


Corail Net

Il s'agit tout simplement du module de recherche dans l'indexation des Registres Paroissiaux et de l'Etat Civil, interfacé avec Geneabank. On peut évidemment y rechercher des Baptêmes / Naissances, Mariage et Inhumation / Décès. Sur le sujet, rien que du très classique.

Mais depuis quelques années, il y a LA fonction qui me fait gagner un temps de fou : la recherche de couple. J'ai déjà eu l'occasion de vanter cette recherche, dont l'usage est très simple.

Vous spécifiez les prénoms/nom de chacun des conjoints, une plage de date qui peut aller jusqu'au siècle (sur l'ensemble du département), et alors Corail Net vous renvoie dans le meilleur des cas:

- l'acte de mariage du couple

- les décès des conjoints (dès lors que l'autre conjoint est mentionné)

- les naissances de tous leurs enfants

- les mariages de tous leurs enfants

- les décès des enfants lorsque les parents sont mentionnés

En une seule recherche.

Sur le 19ème siècle, il n'est pas rare que j'obtienne avec une seule interrogation, entre 20 et 30 d'actes qui vont être intégrés ensuite dans Heredis par recherche des actes en ligne.

Pour moi qui intègre dans mon fichier généalogique l'ensemble de mes Sosas bien sur, mais aussi tous leurs frères et sœurs et éventuels conjoints, c'est un gain de temps phénoménal.

Une fois les actes trouvés, je copie les résultats dans mon One Note, en attente de traitement. Et c'est là que le deuxième outil que je souhaite évoquer entre en jeu.


Salvindex

Comme toutes les archives que j'ai pu consulter, les Côtes d'Armor présentent leurs Registres Paroissiaux ou l'Etat Civil au travers de registres numérisés. Les lots d'images couvrant parfois plusieurs dizaines d'années et regroupant parfois baptêmes, mariages et sépulture, dans un ordre qui n'est pas toujours le même d'une commune à une autre.

- BMS de la même année, les unes après les autres

- BM d'une année, suivi des S de la même année, puis BM de l'année suivante

- BM de la plage de date, suivi des S de la même plage de date....

Il faut donc généralement un peu de temps pour localiser la bonne année sur un lot de plusieurs centaines d'images.

C'est là que les fourmis et les informaticiens du CG22 ont une nouvelle fois très bien travaillé. Pour chaque commune, vous avez un lien direct vers chaque début d'année pour les naissances, mariages et décès.

Salvindex - CG22 

Sur l'exemple ci-dessus, pour la commune de Pont-Melvez que j'ai sélectionné préalablement, vous avez:

- Les tableaux d'indexation des BMS et EC

- L'ensemble des années présentes dans la Salle Virtuelle des AD22

Un clic sur l'année concernée vous amène directement sur la première page de l'année considérée.

Là encore, un gain de temps très appréciable pour les recherches.

Petite précision, car je suis sur qu'un utilisateur assidu du CG22 me fera la remarque que dans les résultats de Corail Net, sous chaque acte, on a déjà le lien vers la première page de l'année correspondante à l'acte trouvé grâce à Corail Net.


Après cette présentation assez courte, je vous propose de me retrouver sur la chaine Youtube de Geneatech dans les prochaines semaines pour une vidéo où je vous présenterais l'utilisation de ces deux outils, en vrai. 

E pour être sur de ne pas la rater, n'oubliez pas de vous abonner à la chaine. Vous y découvrirez plein d'autres idées pour vous aider dans vos recherches généalogiques.



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