lundi 15 septembre 2014


Archives Nationales - Grand Dépot
Voila un titre un peu provoc, que je me dois de développer.

J'ai lu comme beaucoup l'article de Guillaume DE MORANT sur le nouvel accord signé entre les Archives Départementales des Yvelines et la société NotreFamille.com.


Pour ceux qui aurait pu le zapper, vous le retrouverez en suivant ce lien



En synthèse, comme avec les départements de la Savoie, du Rhône et de la Vendée, les Yvelines acceptent, contre rétribution, de fournir les images numérisées d'une partie de l'Etat-Civil et des recensements qu'indexera la société NotreFamille.com pour ses adhérents. 

Entendons nous bien, je ne vais pas chercher à me faire le chantre d'une opposition en lançant un débat sur le rapport public/privé dans notre société en général, ce que je ne souhaite pas ouvrir ici.

En soi, il n'y a pour moi rien de choquant sur le principe. Les Archives Départementales disposent d'une source d'informations qui appartient à tous les français, et acceptent de les mettre à disposition, contre rétribution, à une société privée qui cherchera à indexer des données, dans le respect de la réglementation française, pour les fournir à ces abonnés.
Les Archives peuvent alors récupérer de l'argent qui lui sera surement bien utile dans des temps où les finances publiques sont au plus bas (sans perspective réjouissante sur les 10 ans à venir). Et peut-être lancer des projets de numérisation sur d'autres types de sources.
Les généalogistes payent des abonnements à une société privée, qui utilisent une partie de l'argent pour des licences auprès des Archives Départementales. Ces dernières lancent des projets de numérisation (sur des archives notariales par exemple) que les généalogistes pourront utiliser. La boucle est bouclée dans un système qui me parait sain.
  • Les Archives remplissent leurs missions régaliennes de préservation et diffusion des archives qui leur sont confiées.
  • La société NotreFamille.com vend ses produits, tout en investissant.
  • Les généalogistes peuvent s'y retrouver.

Toutefois, dans l'article, certains points m'interpellent, et un autre m'horripile quelque peu.

En tout premier lieu, j'ai du mal à comprendre pourquoi des personnes vont payer un abonnement de plus de quatre vingt euros (coût de l'abonnement annuel vu sur le site Genealogie.com ce jour) pour accéder à des données, que pour la plupart, sont disponibles sur Geneabank, auquel on accède pour une quinzaine d'euros avec un abonnement à un cercle, que l'on prendra de toute façon pour d'autres accès.
Pour prendre mon exemple personnel, si demain, les archives des AD22 signent un tel contrat, j'aurais tendance à considérer qu'ils ont fait une très bonne affaire. Les registres paroissiaux, l'état-civil, une partie du recensement (et d'autres choses) sont déjà indexés. Et j'y accède pour 13€ par an. Bien loin des 80 € dont on parle ci-dessus.
On me rétorquera logiquement que Genealogie.com offre d'autres accès à d'autres sources. Gageons tout de même que pour une majorité des utilisateurs, ce sont ces informations principales qui sont manipulées en premier.

L'article ne dit malheureusement pas si un lien vers le média sera proposé par la société NotreFamille.com sur les documents eux-mêmes, et si dans ce cas, c'est bien vers le site des Archives qu'il pointera. Et non sur une copie des images hébergées dans la société.
Car c'est bien là ma crainte sur ces licences. Que lorsqu'une ou plusieurs sociétés privées disposeront des images numérisées, les Archives décideront de retirer leurs propres accès (puisqu'ils coutent chers et que les budgets se réduisent).
N'étant pas spécialiste du sujet, je vais me contenter de suivre mes blogs préférés et observer.

En réalité, j'ai décidé de rédiger cet article à la lecture d'une seule phrase dans l'article de Guillaume DE MORANT.

"A ce niveau de volume, il n'y a de toutes les façons pas de sociétés françaises spécialisées capables d'effectuer ce travail", nous avait déclaré le directeur général." 

L'argument sur le transfert à Madagascar et à l'ile Maurice m'interpelle, pour ne pas dire plus. Je suis pour ma part très étonné d'apprendre qu'il existait il y a 10 ans une société à Madagascar dédiée à l'indexation de documents d'archives françaises. Et aucune en France.

Je me creuse la tête depuis 2 heures, je n'arrive toujours pas à entrevoir la  difficulté pour cette entreprise de créer une filiale en France avec plusieurs anciens chômeurs à qui l'on aurait donné une formation accélérée en paléographie. D'autant plus qu'elle a acquis voila 2-3 ans une société spécialisée et très performante dans la numérisation de documents d'archives.
Ou plutôt si, je n'en vois qu'une seule: le coût de l'emploi dans notre pays.


Je serais aujourd'hui client de la société NotreFamille.com, j'aimerais savoir si l'abonnement que je paye est indexé au coût de la vie en France, ou bien à Madagascar.

Alors si vous voyez un autre argument de votre coté, éclairez moi !


6 commentaires:

  1. Certaines associations se voient reprocher de vendre leurs travaux, certains réussissent à vivre de la généalogie et d'un travail qu'ils réalisent eux-mêmes et qui est rétribué, je ne considère pas 'argent comme tabou en généalogie.
    Mais pour ma part le site dont tu parles est avant tout une entreprise commerciale qui cherche à faire rentrer des profits et non à vivre d'une passion. Ce côté mercantile au sens le plus rapace du mot m'a incité il y a quelques années à retirer toutes mes données du site. Parce que oui certaines données complètement libres par ailleurs sont vendues au prix cher sans vraie plus value.
    L'exemple type a été pour moi leur exploitation des listes de prisonniers de guerre...
    Mais bon parlons plutôt de toutes ces magnifiques idées qui fleurissent dans notre microcosme généalogique et notamment de la possibilité d'indexer gratuitement les J.O. de 1914-1918 lancée par Stéphane Cosson

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je n'ai rien de particulier à l'encontre de NotreFamille.com, même si son mode de fonctionnement (notamment les attaques au tribunal des Archives) ne me plait pas.
      Je pense qu'il y a probablement une autre voie, mais sur laquelle la FFG ne s'engage pas.
      Les bénévoles sont là en France, mais pas forcément l'envie de les utiliser.

      Supprimer
  2. Je vous admire d'arriver à garder votre sang-froid en évoquant de telles pratiques ! Tout cela est odieux : on privatise pour les vendre des données qui sont publiques, on va exploiter des pauvres gens à Madagascar en leur proposant un "travail" franchement rébarbatif pour ne pas crever de faim. Une fois de plus on prend les Français pour des c...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tant que les Archives ne retirent pas les actes en ligne, je ne parlerais pas de privatisations. Je préfère parler ici de pragmatisme économique.

      Supprimer
  3. Il existe des associations qui vendent leurs données directement à généalogie.com sans adhérer à geneabank et sans les mettre en ligne pour les adhérents. Regardez du côté de la Lorraine. Dans ce cas, je préfère donner de l'argent à une société, qui ne s'en cache pas et qui m'offrira un vrai service qu'à une association qui n'en a que le nom et pas le comportement attendu.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il y a aussi des associations qui jouent le jeu, qui nouent des partenariats mutuellement profitables avec les AD. Et s'appuient sur les bénévoles pour l'indexation.
      Autant les mettre en avant.
      Maintenant, je suis comme vous, je préfère dans le cas que vous évoquez payer une société privée. Au moins, c'est clair dès le départ.

      Supprimer

Subscribe to RSS Feed Follow me on Twitter!